Les aspirants maires expriment leurs positions à Saint-Ferdinand
Les candidats à la mairie et aux postes de conseillers municipaux de Saint-Ferdinand se sont exprimés sur divers sujets lors du panel organisé par la Maison des jeunes La Traversée 12-18 ans. La salle Bernier du Manoir du lac William a accueilli près de 200 citoyens venus entendre les visions et les idées de chacun.
Texte de Marion Carey
La Maison des jeunes La Traversée de Saint-Ferdinand organise ce rendez-vous électoral depuis de nombreuses années. Neuf jeunes étaient impliqués : Karolanne Bisson Deschênes et Vanessa Gamboa Gonzalez (animatrices), Joshua Beaucage (gardien du temps), Adrien Decary (technicien au son), Florence Barlow, Malorie Breton, Rosalie Carrier, Maria Langlois et Clara Provencher (accueil et animation). Ce débat visait principalement à offrir une expérimentation aux premières loges de la politique municipale aux jeunes et de les sensibiliser à se questionner afin de faire un choix éclairé lors d’élections. « Ça répond à un besoin pour nos jeunes et c’est un exercice de démocratie très intéressant pour eux. Ils ont été à la hauteur de ce que nous nous attentions et ils ont tous bien fait ça », a commenté la directrice de la maison des jeunes, Josée Binette.
Ainsi, les trois candidats qui s’affronteront le 2 novembre pour le poste de maire, Yves Charlebois (maire sortant), Audrey Ouellette (auparavant conseillère du district 5) et Jean Bernier, ont eu l’occasion de se présenter et de répondre à une trentaine de questions venant préalablement des citoyens ou de l’assistance. Tous les candidats aspirants à un poste de conseiller ont également pu se présenter devant les citoyens.
Dossier de l’eau potable
Parmi les sujets abordés, la situation de l’eau potable a été mise sur la table à plusieurs reprises. « Ce n’est pas une priorité, c’est une urgence. La Municipalité devait faire un test en novembre 2024, prescrit par le gouvernement du Québec, ça n’a pas été fait, ça a été remis à ce printemps. Il faut que ce test soit fait le plus rapidement possible. Nous espérions avant la fin novembre, sinon, si l’hiver arrive, il sera encore reporté. C’est crucial. Ce qu’il faut savoir, c’est que ça prend six mois à recevoir le résultat du test, alors c’est d’autant plus pressant », a soulevé Jean Bernier.
« Il y avait des mises aux normes à faire avant de pouvoir procéder avec les tests. Ces mises aux normes là ont été évaluées par des hydrogéologues et des ingénieurs, donc nous ne pouvions pas commencer. Ce n’est pas une mauvaise volonté. Les mises aux normes ont été faites, des tests de captation ont eu lieu par la suite et il y a présentement les tests ESIDES qui sont commencés et qui oui dureront six mois, pour ensuite avoir la réponse. De là, nous verrons ce qui en résultat », a ajouté Audrey Ouellette.
« L’eau qui est déversée dans le réseau d’aqueduc du village, elle est potable, elle est vérifiée tous les matins. Nous faisons des tests chaque jour et les résultats sont envoyés au laboratoire où ils nous disent si c’est potable ou non. Le problème que nous avons en ce moment, c’est la santé publique qui veut absolument que nous puissions établir qu’il n’y a pas de parasite, mais comme tel, il n’y a pas de danger de la consommer. Par mesure de précaution, nous demandons de la faire bouillir », a renchéri Yves Charlebois.
D’autre part, parmi les questions qui ont été pigées au hasard, les trois candidats ont été appelés à se prononcer sur la qualité de l’eau du lac William. « Nous faisons des tests d’eau chaque année et nous sommes aussi de connivence avec Thetford Mines pour les eaux usées. Depuis huit ou neuf ans, ils investissent progressivement, notamment en séparant l’eau pluviale du sanitaire dans certaines rues et améliorer la station d’épuration des eaux. Ils ont fait un immense bassin de rétention dans le Saint-Noël, ce qui était impensable il y a huit ans. Il y a beaucoup de travaux qui se font, donc il y a des moins en moins d’eau mal propre qui se retrouve dans le lac par la bande », a répondu Yves Charlebois.
Jean Bernier a fait mention de la station de lavage qui avait été envisagée. « Ce que nous pouvons contrôler, c’est la fameuse station de lavage. Il y a un projet majeur qui a été présenté en 2024 pour implanter une station de lavage en 2025 et puis ce n’est toujours pas là. C’était dans nos responsabilités de prendre acte là-dessus, alors il faudra le faire en 2026 absolument. Aussi, je répète, le projet Fleur de Lys, il faut essayer d’accélérer le tout pour être en mesure d’aller chercher le maximum avant », a-t-il dit.
Selon un communiqué de l’Association de la protection du lac à la Truite d’Irlande et le bulletin d’informations de la municipalité datant d’octobre 2023, le projet Fleur de Lys a été mis sur pied par le Groupe de concertation des bassins versants de la zone Bécancour (GROBEC), qui vise à adapter la résilience des sites miniers d’amiante du secteur de Thetford Mines aux changements climatiques et à la réappropriation du lit de la rivière Bécancour dans le secteur de Black Lake.
« Je ne dirais pas que c’est de l’inertie. Il y a plusieurs mandats qui sont donnés au GROBEC qui, lui, surveille les bandes riveraines. Les fosses septiques sont vidées et la station de lavage, ce n’est pas d’hier que nous en parlons. Alors ça doit faire plus d’une dizaine d’années que les gens en parlent, maintenant la subvention a été demandée et sensiblement est arrivée, donc il faudra faire des appels d’offres pour voir quelle installation sera la plus propice et fonctionnelle », a expliqué Audrey Ouellette.
Agrandissement de la Villa Versant du Lac
Le projet d’agrandissement qui plane sur la Villa Versant du Lac augmenterait sa capacité de 16 à 32 logements. Les trois interrogés ont exposé leur position à ce sujet. « De mon côté, j’ai toujours cru que ce projet pouvait s’implanter. C’est une question de cohabitation au niveau du partage du terrain. Les personnes d’un certain âge veulent rester ici et c’est important d’embarquer avec eux et de s’entendre pour concrétiser le projet », a fait savoir Mme Ouellette.
Le maire sortant a lui aussi laissé entendre son appui envers ce projet. « Du terrain de l’ancien hôpital, un carreau sera dédié selon la dimension qu’ils ont besoin. Il y aura peut-être éventuellement un centre multifonctionnel, mais il sera un peu plus loin pour justement permettre l’agrandissement. Il y a eu une collecte de fonds à laquelle la Municipalité a contribué avec un montant de 10 000 $ pour des études, alors nous sommes très ouverts à ce qu’il y ait un agrandissement de ce côté-là », a-t-il dit.
« C’est aussi très important parce qu’imaginez les gens qui ont vécu ici avec la nature, les montagnes et le lac, doivent aller finir leurs jours dans les résidences pour personnes âgées, dans des centres-villes comme Thetford, Plessisville ou Victoriaville. Il faut absolument protéger le style de vie de ces gens en agrandissant. Les gens en ont besoin ici, il y a une liste d’attente de près de 30 personnes », a exposé M. Bernier.
Interdire les wakeboards sur le la William?
Le sujet des wakeboards semblerait avoir suscité beaucoup de questions dans les dernières semaines. Abolir ce type d’embarcation sur le lac s’avère être entièrement faux. « Moi, j’ai fait beaucoup de porte-à-porte et je me suis fait dire que je voulais abolir les wakeboards. C’est une fausseté, c’est un mensonge, il faut que ça arrête puisque ce n’est pas vrai. J’ai une chaloupe, un bateau, deux embarcations à moteur, alors je suis très intéressé à ce que tout le monde puisse naviguer sur le lac. Alors de propager ce type de mensonges, c’est tout à fait irresponsable et irrespectueux. Il n’y a personne de notre équipe qui souhaite enlever les wakeboards du lac », a affirmé Jean Bernier.
Audrey Ouellette a, elle aussi, rectifié le tir en disant « qu’il n’y a aucun bateau qui peut être retiré du lac, tous les plaisanciers devraient être conscientisés à l’endroit où ils peuvent faire leur sport. Tous doivent exercer leur sport, sans ternir le lac pour profiter tout simplement », a-t-elle mentionné.
« C’est une question de cohabitation. Il y a quelques années, j’entendais souvent la même chose au sujet des motomarines. S’il y a une bonne cohabitation, il n’y a pas de problème, c’est de ne pas naviguer près des rives, des quais. Il y a des endroits spécifiques pour en faire sur le lac », a ajouté M. Charlebois.
D’ailleurs, un citoyen adepte de wakeboard s’est présenté au micro afin d’encourager le prochain maire à faire respecter davantage les règlementations mises en place pour les plaisanciers. Il s’est également prononcé sur le myriophylle à épis et à questionner les candidats sur la faisabilité d’une technique qui consiste à l’installation de tapis en fibre de verre près des quais afin de limiter la pousse de cette plante. « Je suis familier avec ces tapis de fibre de verre, je pense que ce serait quelque chose à vérifier pour évaluer l’efficacité de ces tapis. À l’heure actuelle, je sors les myriophylles à épis moi-même, je fais le ménage moi aussi. C’est quelque chose à envisager, peut-être avec une subvention du ministère de l’Environnement », a expliqué M. Bernier.
Mme Ouellette a ajouté qu’une mobilisation pourrait avoir lieu pour retirer ces plantes envahissantes. « Un événement pourrait être organisé au niveau de tous les riverains qui sont touchés, on pourrait envisager une journée arrachons le myriophylle à épis », a-t-elle lancé.
M. Charlebois s’est basé sur l’exemple d’autres endroits pour expliquer son point. « Ça se fait ailleurs, je connais des gens au lac Saint-François qui l’ont fait devant chez eux. Ici, il y a quelqu’un qui avait l’intention de le faire, alors ce sont des choses possibles. Est-ce que c’est efficace ou non, je ne le sais pas, mais à Adstock, ils dépensent des dizaines de milliers de dollars par année pour engager des plongeurs afin de retirer le maximum de myriophylles, alors ça se fait », a-t-il fait savoir.
Un centre multifonctionnel à Saint-Ferdinand
Pendant le panel, la construction d’un centre multifonctionnel a été abordée par plusieurs citoyens. Le projet serait composé d’un gymnase, d’un aréna, d’une bibliothèque et il pourrait aussi loger l’hôtel de ville. Certains ont proposé d’utiliser l’église pour accueillir le centre. Jean Bernier s’est prononcé le premier. « Le centre multifonctionnel, c’est important, j’y crois. Je suis membre d’un gym à Thetford et je joue au pickleball à Sainte-Sophie. J’aimerais que tout ça soit proche de chez moi. Pour faire un centre multifonctionnel, il faut beaucoup de sous et nous avons déjà des espaces, comme l’église, la maison du Sacré-Cœur et une partie du garage qui peuvent être utilisées. Je pense que nous pouvons nous organiser avec ça pour éviter une augmentation de coût. »
« Avec la grandeur de l’église, est-ce que ça sera avantageux de refaire quelque chose de neuf dans cet espace ou peut-être un autre projet qui pourrait se faire dans cette grosse bâtisse-là. Le centre multifonctionnel, c’est un espace commun où il y aura gymnase, bibliothèque, patinoire, donc je ne verrais pas cela dans l’église nécessairement », a ajouté Audrey Ouellette.
M. Charlebois a quant à lui exprimé son ouverture à la réutilisation de ce lieu de culte. « Il y a une possibilité d’obtenir des sous pour étudier, pour voir ce que nous pourrions faire avec l’immeuble. Mon conseil n’était pas très chaud à l’idée. Le prochain conseil y verra. Je suis très ouvert à réutiliser l’église, mais comment, telle est la question. Est-ce que les gens veulent un centre multifonctionnel où on peut utiliser l’église? C’est aux gens de décider de l’avenir de l’immeuble », a-t-il dit.
