Ouverture prochaine d’un café communautaire solidaire au centre-ville de Thetford

Un café communautaire solidaire ouvrira ses portes cet automne au centre-ville de Thetford Mines, plus précisément dans les anciens locaux du Réseau d’entraide des Appalaches, au 200, rue Notre-Dame Ouest. Porté par le Carrefour jeunesse-emploi (CJE) de Frontenac, le Café Perco vise notamment à favoriser les rencontres, la participation citoyenne et la solidarité dans le milieu.

Les travaux d’aménagement sont en cours et les premiers clients sont attendus en octobre. L’endroit offrira 42 places assises. « Cela va permettre de réanimer une partie du centre-ville en essayant de ramener de l’achalandage », a mentionné au Courrier Frontenac la directrice générale du CJE, Andréane Morin.

Le Café Perco constituera principalement un plateau de travail pour des jeunes éloignés du marché de l’emploi dans le cadre du programme Jeunes en mouvement vers l’emploi. Ceux-ci pourront y développer des compétences concrètes et transférables dans un environnement encadré, tout en adoptant une véritable posture d’employé.

Le programme permettra à dix jeunes de travailler au café au cours de l’année et de bénéficier d’une subvention salariale pour une durée maximale de 16 semaines. Il ne s’agira donc pas d’une expérience bénévole, mais bien d’un travail rémunéré.

Pour la directrice générale du CJE, ce projet propose une condition gagnante et répond à un besoin qui s’est accentué au cours des dernières années. « Il y a une période où le marché de l’emploi était très accessible. Nous parlions de pénurie de main-d’œuvre. De notre côté, nous voyions aussi une clientèle jeunesse qui vivait des difficultés parce qu’il y avait des compétences à travailler et dont les entreprises n’avaient pas le temps nécessaire de développer avec elle. Nous voulons aider les jeunes à acquérir des compétences génériques, que ce soit d’assiduité, de ponctualité, de comportements favorables au service à la clientèle, mais également des tâches plus pratiques au niveau des suivis de caisse, dresser des inventaires et accueillir les clients. »

L’objectif sera ensuite de les intégrer en emploi, tout en continuant de les accompagner pendant les 12 premières semaines qu’ils passeront en entreprise.

Le café servira également de lieu d’expérimentation pour d’autres jeunes, notamment par l’entremise de stages d’un jour ou de périodes plus courtes adaptées à certains besoins. Un bureau sera aussi accessible aux partenaires de l’organisme qui souhaitent disposer d’un espace pour accueillir leur clientèle.

Une offre simple et locale

Le Café Perco proposera une offre alimentaire simple comprenant entre autres des viennoiseries, des sandwichs et des soupes. De plus, le CJE souhaite travailler avec des entreprises locales. Un partenariat a notamment été établi avec le bistro santé Juste du vrai afin de développer une salade adaptée à la clientèle jeunesse.

Les revenus générés par le café seront réinvestis dans son fonctionnement afin de favoriser son autonomie financière.

L’initiative comportera aussi un système de coupons solidaires sur référencement permettant d’offrir des consommations à des personnes en situation de vulnérabilité, tout en valorisant les commerces locaux et la vitalité économique du milieu. Le mécanisme est encore en développement, mais l’objectif est de permettre à cette clientèle de profiter du service sans être stigmatisée.

Un espace pensé par les jeunes

Le projet a également été façonné par les jeunes grâce à un comité consultatif qui avait pour mandat de développer le concept entourant le Café Perco afin qu’il réponde aux besoins de la jeunesse d’ici.

« Quand nous avons mené la consultation dans le cadre de la Stratégie ADN jeunesse, le manque d’espace pour socialiser et se rencontrer avait été nommé. […] Ce sont vraiment les jeunes qui ont choisi le nom du café, l’image, la mission, la vision, les valeurs et les produits. L’aménagement intérieur a également été réfléchi à partir de leurs demandes », a souligné la directrice générale.

Une scène sera aussi aménagée afin de permettre à de jeunes artistes de se produire, que ce soit dans le cadre de soirées de slam, d’improvisation ou d’autres activités culturelles.

Un investissement important

Le coût total du projet est évalué à 585 000 $. Le gouvernement du Québec constitue le principal partenaire financier. Le projet bénéficie aussi du soutien de la MRC des Appalaches, de la Ville de Thetford Mines, d’Héritage Centre-ville, de l’OMH des Appalaches, du Réseau d’entraide des Appalaches, du pôle de l’innovation du Cégep de Thetford, de Domrémy, de Santé Québec Chaudière-Appalaches, du Centre de services scolaire des Appalaches et du comité jeunesse de la stratégie ADN jeunesse.

Afin de compléter le financement nécessaire au démarrage et de bonifier l’aménagement du café, le CJE de Frontenac mène actuellement une campagne de sociofinancement sur la plateforme La Ruche. L’objectif est d’amasser 25 000 $ d’ici le 25 septembre.

Les sommes recueillies serviront notamment à l’achat de mobilier, à l’aménagement d’une scène, aux activités de lancement ainsi qu’à certains frais liés aux premiers mois d’opération. Le CJE pourrait par ailleurs doubler la mise grâce au Fonds Mille et UN pour la jeunesse. Si l’objectif de 25 000 $ est atteint, un montant équivalent pourrait être ajouté par le gouvernement du Québec, portant le financement potentiel à 50 000 $.

Andréane Morin précise toutefois que le projet ne dépend pas entièrement de la réussite de la campagne. Celle-ci permettrait surtout d’aller plus loin dans les ambitions exprimées par les jeunes et de créer un espace qui leur ressemble davantage. « J’y crois. Je pense que la communauté est capable de se mobiliser. Nous avons un beau réseau. […] J’ai espoir que tout le monde va s’approprier le projet. »

Lien de la campagne de sociofinancement : https://laruchequebec.com/lecafeperco