Projet éolien Broughton : l’étude d’impact environnemental a été déposée

Le projet éolien Broughton, réalisé par le promoteur Pattern Energy en partenariat avec les MRC des Appalaches et de L’Érable, ainsi qu’avec les conseils des Abénakis d’Odanak et de Wôlinak, a franchi une étape importante en décembre dernier avec le dépôt de l’étude d’impact environnemental auprès du gouvernement du Québec.

Le projet, d’une capacité maximale de 150 mégawatts d’énergie, repose désormais entre les mains du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, qui devra analyser les documents soumis. « Une première série de questions est attendue au cours des prochains mois, possiblement au printemps ou à l’été, selon la disponibilité des ressources du ministère. Des préoccupations environnementales ou sociales pourraient être soulevées et des ajustements proposés », a mentionné au Courrier Frontenac le directeur du développement pour le marché canadien chez Pattern Energy, William Shemie.

Cette démarche constitue un jalon incontournable pour un projet de cette envergure. « L’étude permet d’évaluer les effets du parc sur l’environnement et la communauté, puis de préciser l’implantation exacte des infrastructures, qu’il s’agisse des chemins d’accès, du réseau électrique, des éoliennes elles-mêmes, des fondations, des sous-stations électriques et du bâtiment d’opération. »

Un travail de terrain exigeant

Parmi les défis rencontrés jusqu’ici figure la particularité du territoire visé, entièrement constitué de terres privées. Entre 80 et 100 propriétaires sont concernés par l’implantation des infrastructures qui seront réparties sur les territoires de Saint-Pierre-de-Broughton, Sacré-Cœur-de-Jésus et Thetford Mines.

« Je ne dirais pas que c’est un obstacle, mais c’est quelque chose qui prend du temps. Avant de déposer notre étude d’impact, nous devions réaliser des inventaires de terrain concernant les milieux humides, les espèces menacées et le volet archéologique, en collaboration avec les propriétaires, les municipalités impliquées et nos partenaires », a expliqué M. Shemie.

Il estime que le projet actuel est bien accepté socialement. Pattern Energy mise d’ailleurs sur l’expérience acquise lors de la réalisation du parc éolien Mont Sainte-Marguerite, dans la région de Chaudière-Appalaches, et dont la mise en service a eu lieu en 2018. « Nous avons bâti une relation de confiance avec la communauté et je dirais que ça se déroule très bien, autant avec les propriétaires terriens qu’avec les municipalités concernées. Dans le cadre du projet éolien Broughton, je crois qu’il y a une bonne acceptabilité sociale. Il y a un enjeu agricole, toutefois, le parc occupera des terres boisées et non cultivées. Les propriétaires, l’Union des producteurs agricoles du Québec et la Commission de protection du territoire agricole du Québec y sont donc généralement plus favorables. »

Paramètres techniques encore à préciser

À ce stade, Pattern Energy évalue toujours le nombre exact d’éoliennes qui seront implantées dans la région. « Nous sommes actuellement en discussion avec Vestas et Nordex, deux grands fournisseurs très présents sur le marché québécois. Leurs technologies varient en termes de puissance, allant de 6 à 7 mégawatts par éolienne. Nous sommes encore en réflexion. Le projet pourrait compter entre 25 et 29 éoliennes, mais aucune décision finale n’a été prise », a indiqué M. Shemie.

Il a ajouté que le coût global du projet, estimé à environ 478 millions $, pourrait encore varier en fonction des choix technologiques et des négociations finales.

L’échéancier prévoit le début des travaux de déboisement à la fin de 2027. La construction s’amorcerait quelques mois plus tard, pour une mise en service prévue en décembre 2029. « Il s’agit d’une logistique importante, mais nous exploitons plus de 6000 mégawatts en Amérique du Nord, dont plus de 2000 au Canada. Nous sommes présents au Québec depuis plus de dix ans et pouvons compter sur des experts en météorologie, en ingénierie, en construction et en approvisionnement. Ce sont des projets complexes, mais nous avons une feuille de route qui démontre notre succès dans leur réalisation », a affirmé M. Shemie.

Jusqu’à 300 personnes pourraient être mobilisées sur le site au plus fort des travaux. Une fois le chantier complété, le parc éolien devrait générer entre 15 et 20 emplois permanents sur une période de 30 ans.

À noter qu’une séance d’information publique est prévue le mercredi 4 février, entre 17 h et 20 h, au sous-sol de l’église de Saint-Pierre-de-Broughton. Les citoyens intéressés auront l’occasion d’échanger avec l’équipe de développement et d’intégration du projet dans le milieu local.