Renaud Labrecque : « Le plus gros problème n’est plus l’amiante, c’est la bureaucratie »
Le débat entourant la gestion des sols amiantés revient une fois de plus dans l’actualité et le candidat du Parti conservateur du Québec (PCQ) dans Lotbinière-Frontenac, Renaud Labrecque, salue le fait que de plus en plus d’élus, de citoyens et d’entrepreneurs dénoncent publiquement cette situation devenue un véritable frein au développement de la région.
« Soyez assurés que j’appuierai vos revendications pour que notre région cesse d’être pénalisée par une bureaucratie devenue excessive », affirme-t-il par voie de communiqué.
Il faut d’abord clarifier une chose, ajoute-t-il. « Les sols amiantés font partie de la grande famille des sols contaminés. Ils ne sont pas régis par la réglementation, mais par un véritable millefeuille de lois, de règlements, de normes, de directives administratives et d’interprétations ministérielles. Pire encore, cette famille des sols dits ”contaminés” ne cesse de s’élargir. Année après année, le gouvernement y ajoute de nouveaux matériaux et de nouvelles exigences. À ce rythme, un sol non contaminé finira presque par devenir l’exception. »
Selon le candidat conservateur, le problème n’est donc pas un règlement en particulier. Le problème, c’est l’accumulation de centaines de règles ajoutées, couche après couche, par les gouvernements successifs, chacun prétendant apporter une solution. « Aujourd’hui, il faut caractériser, échantillonner, analyser, classifier, transporter, tracer, documenter, contre-expertiser, réaliser des évaluations environnementales de phases I, II et III et même obtenir des autorisations ministérielles pour simplement déplacer ou entreposer temporairement des sols. »
Il cite en exemple les travaux d’excavation : plutôt que de remettre la même terre dans le trou d’où elle provient et qui ne dérangeait personne, il est obligatoire de la transporter ailleurs à grands frais, puis de faire venir de la terre de l’extérieur… simplement pour remplir le même trou.
« Faire circuler des millions de tonnes de sols et des milliers de camions sur nos routes crée des risques pour la sécurité des citoyens, use prématurément nos infrastructures et fait exploser la facture pour les contribuables. Ça, c’est bien réel. Pourtant, tout cela vise à gérer un risque souvent théorique ou présumé associé au sol en question. »
Renaud Labrecque soutient qu’à force de répondre à chaque risque potentiel par une nouvelle obligation, les gouvernements qui se sont succédé ont créé un système où le véritable problème n’est plus l’amiante lui-même, mais la surréglementation qui l’entoure.
« Les solutions qu’ils nous proposent, c’est l’équivalent de prendre un ours qui dort paisiblement dans le bois depuis plus d’un demi-siècle et qui ne dérange personne, puis, sous prétexte de protéger le public, de le réveiller, de le mettre dans un camion, de le promener d’une municipalité à l’autre… et de lui demander d’aller s’installer ailleurs. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué… et surtout plus coûteux? »
Personne ne demande de compromettre la santé publique, poursuit-il, mais il est tout à fait légitime de remettre en question certaines mesures lorsqu’elles entraînent des milliers de déplacements de matériaux, des millions de dollars en coûts supplémentaires et des retards importants que nous devons tous assumer collectivement.
« Il faut également se méfier des solutions actuellement proposées. Ce n’est pas une véritable réduction de la réglementation, mais plutôt un transfert de responsabilités vers les entrepreneurs. Autrement dit, on ne retire pas les règles; on change simplement la personne qui doit les gérer. »
Le fardeau administratif demeure. Les coûts demeurent. Et, comme trop souvent, ce sont encore les citoyens qui paieront la facture, note le candidat du PCQ.
« Les contribuables ne se préoccupent pas de savoir qui remplit le formulaire ou qui assume la responsabilité administrative. Ce qu’ils veulent, ce sont des projets qui coûtent moins cher et qui se réalisent plus rapidement. D’ailleurs, plusieurs autres provinces démontrent qu’il est tout à fait possible d’avoir un cadre réglementaire moins lourd. »
Pour lui, il est temps de refaire confiance aux municipalités, aux entrepreneurs et aux citoyens qui vivent ces réalités au quotidien. Trop souvent, ceux qui conçoivent ces règles derrière un bureau n’ont jamais à en assumer les coûts, les délais et les impacts, parce qu’ils ne vivent tout simplement pas cette réalité comme la population locale.
« Il existe pourtant une façon plus rigoureuse de faire les choses. Avant d’adopter une règle, le gouvernement devrait appliquer le principe SMART, un principe de gestion pourtant élémentaire, surtout lorsqu’il s’agit de dépenser l’argent des autres. Une bonne règle devrait être spécifique, mesurable, atteignable, réaliste et limitée dans le temps. »
Or, les obligations sont imposées sans que leurs coûts réels, leurs impacts et leurs résultats soient véritablement évalués avant, pendant et après leur mise en œuvre. Dès que le mot « environnement » est prononcé, le gouvernement ajoute de nouvelles obligations et dépense l’argent des contribuables les yeux fermés, souligne M. Labrecque.
« Parmi les nombreux exemples de gaspillage, plus de 13 millions $ ont été dépensés pour construire un chemin d’accès vers une usine qui n’existe même pas. Voilà ce qui arrive lorsque la rigueur financière passe en dernier. Notre région a déjà payé un lourd prix économique en raison de l’amiante. Nous ne devrions pas aujourd’hui payer une deuxième fois à cause de la bureaucratie. Et vous savez quoi? La santé des finances publiques et celle des Québécois, c’est aussi une science, et elles ne devraient jamais être négligées. »
Le candidat conservateur indique que protéger l’environnement ne devrait jamais signifier fermer les yeux sur la facture ni freiner excessivement notre développement.
« Il est temps d’avoir le courage non pas de réviser certaines règles, mais d’en retirer. Plus souvent qu’on le pense, la meilleure solution n’est pas d’ajouter un nouveau règlement… c’est d’avoir le courage d’en éliminer », conclut-il.
