Réouverture du PEQ : un signal positif, mais des enjeux persistants
La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) et la Chambre de commerce et d’industrie de la région de Thetford (CCIRT) voient la réouverture du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) pour deux ans comme un signal positif pour redonner de la prévisibilité, tout en soulignant que cela ne règle pas l’essentiel. Tant que les seuils d’immigration permanente demeureront aussi bas, la pénurie de main-d’œuvre ne se réglera pas. Un droit acquis doit aussi être immédiatement instauré pour tous les travailleurs en emploi qui attendent de pouvoir compléter leurs démarches.
« En région, l’immigration est la clé pour garder nos entreprises ouvertes et compétitives », a affirmé Josée Durand, directrice générale de la CCIRT.
« Le Québec a besoin de 106 000 travailleurs étrangers par année simplement pour combler les postes actuels dans nos entreprises. La fermeture du PEQ était une erreur et sa réouverture est une bonne nouvelle pour redonner de la prévisibilité aux travailleurs et aux entreprises. Mais si les seuils d’immigration ne bougent pas, ça ne règle pas le problème de fond. Le Québec ne réussira pas à assurer la survie et la croissance des entreprises en région sans accueillir suffisamment de travailleurs », a soutenu Véronique Proulx, présidente-directrice générale de la FCCQ.
La FCCQ et la CCIRT demandent donc une hausse des seuils d’immigration et la mise en place d’un droit acquis pour tous les travailleurs occupant actuellement un emploi. Il en va de la capacité de nos entreprises à retenir une main-d’œuvre essentielle à leur croissance et à la vitalité économique de nos régions. Sans un nombre suffisant de travailleurs, la réalisation des projets énergétiques, industriels et d’infrastructures est également compromise.
Il s’agit d’ailleurs de l’une des sept priorités électorales de la FCCQ et du réseau des chambres de commerce en vue de la campagne électorale qui s’amorce.
Capacité d’accueil limitée
Appelée à commenter la position de son gouvernement, la députée Isabelle Lecours a rappelé que la province a une capacité d’accueil limitée. « Il y a des services auxquels nous ne sommes même pas capables d’avoir accès nous-mêmes. En santé, par exemple, c’est difficile. Des articles de journaux montrent que l’on est incapables d’obtenir des rendez-vous malgré les ententes avec les médecins. Ce n’est pas normal. »
La députée souligne que la même problématique existe dans les centres de la petite enfance et les garderies. « Je pense qu’il faut faire attention avec tout ça avant d’ouvrir les portes. Il faut être en mesure d’avoir des services pour les gens qui sont ici avant même de faire venir des personnes supplémentaires. »
