Un projet éolien de 200 mégawatts à l’étude à Saint-Fortunat et Saint-Julien
Capstone Infrastructure Corporation développe actuellement une proposition de projet éolien de 200 mégawatts d’énergie totalisant un investissement d’environ 600 millions $ sur le territoire de la MRC des Appalaches, plus précisément dans les municipalités de Saint-Fortunat et Saint-Julien.
Baptisé Projet éolien des Hauts Reliefs, il pourrait compter jusqu’à 28 infrastructures de production d’énergie permettant d’alimenter autour de 35 000 foyers. Environ 60 % d’entre elles pourraient être situées à Saint-Fortunat et le pourcentage restant à Saint-Julien. La mise en service serait envisagée pour 2032 et la durée d’exploitation du parc serait de 30 ans.
Le producteur indépendant basé à Toronto se prépare à participer au plus récent appel d’offres d’Hydro-Québec visant l’acquisition de nouveaux approvisionnements en énergie éolienne. Les promoteurs ont jusqu’au 26 février 2027 pour déposer leur proposition, tandis que la sélection des projets est prévue en août de la même année.
Selon Capstone, plusieurs facteurs expliquent le choix du territoire ciblé. Le secteur se trouve dans une zone identifiée par Hydro-Québec pour le raccordement au réseau électrique et bénéficie d’un potentiel éolien considéré comme supérieur à celui de la majorité des 12 zones admissibles établies par la société d’État.
Le promoteur indique également avoir conclu des ententes couvrant plus de 3500 hectares avec des propriétaires locaux et ne pas exclure l’élargissement de sa zone d’étude à des municipalités voisines si un intérêt se manifeste au cours des prochains mois.
Des éoliennes de grande dimension
La technologie considérée dans le cadre du Projet éolien des Hauts Reliefs prévoit une puissance nominale unitaire de six à huit mégawatts. Les pales pourraient atteindre une longueur de 80 à 90 mètres, tandis que la nacelle serait installée à une hauteur comprise entre 100 et 130 mètres.
Le projet comprendrait également la construction de chemins d’accès, d’un réseau collecteur enfoui, d’un poste électrique, d’un système de dégivrage des pales ainsi que l’installation d’un ou deux mâts permanents pour mesurer le vent.
Les secteurs visés par le promoteur sont actuellement utilisés pour diverses activités, notamment l’acériculture, la foresterie, la chasse, la randonnée ainsi que la pratique de la motoneige et du VTT. Capstone soutient que les éoliennes n’occuperaient qu’une faible portion du territoire et affirme vouloir optimiser l’aménagement du parc afin de limiter les impacts sur les usages existants.
L’entreprise ajoute vouloir favoriser un dialogue ouvert avec les utilisateurs du territoire, mettre en place un comité de liaison pour faciliter la communication avec la communauté locale, élaborer des mesures d’atténuation pour protéger l’environnement, puis collaborer avec le milieu afin d’assurer une cohabitation sécuritaire des usages du territoire.
Des retombées financières annoncées
L’appel d’offres d’Hydro-Québec exige une redevance municipale de 6227 $ par mégawatt installé. Capstone entend offrir pour ce projet un montant de 7500 $ par mégawatt à compter de la mise en exploitation du parc. Cela représenterait environ 60 millions $ versés aux localités sur une période de 30 ans.
Selon les projections de l’entreprise, ces revenus additionnels pourraient faire augmenter d’environ 80 % les revenus annuels de la Municipalité de Saint-Fortunat et d’environ 40 % ceux de Saint-Julien par rapport à 2026.
Le promoteur estime également que la construction du parc générerait entre 150 et 200 emplois temporaires, tandis que de cinq à dix emplois permanents seraient créés durant la phase d’exploitation.
Les citoyens informés
Quelque 100 résidents ont pris part, au début du mois de mai, aux portes ouvertes organisées à Saint-Fortunat et à Saint-Julien pour obtenir davantage de renseignements sur le projet actuellement à l’étude.
« Nous étions une dizaine de représentants de l’entreprise sur place pour l’occasion. Les gens avaient des interrogations en lien avec le bruit, la distance entre les éoliennes et les habitations, l’impact visuel et les retombées économiques. Ils se sont aussi informés entourant la coexistence des usages et les impacts liés à la construction. Ce sont des questions qui sont souvent posées, surtout quand c’est une première rencontre auprès de la population », a mentionné au Courrier Frontenac Samson Vayssières, responsable senior du développement chez Capstone Infrastructure Corporation.
Il a ajouté que les citoyens présents étaient très ouverts à discuter. « Il y avait des gens pour et d’autres contre, mais globalement, cela s’est très bien passé. »
De leur côté, les élus municipaux s’attendaient à une participation citoyenne plus importante. « Des gens se sont déplacés, mais j’aurais aimé qu’il y en ait davantage afin de mieux prendre le pouls de la population. Nous entendons que l’acceptabilité sociale n’est pas au rendez-vous, pourtant, la rencontre a été plutôt tranquille », a partagé le maire de Saint-Julien, Francis Lehoux.
« Selon le sondage réalisé dans le cadre des portes ouvertes, environ 70 % des gens sont favorables au projet, mais nous savons que la plupart de ceux qui ne veulent pas d’éoliennes ne se sont pas déplacés. Une rencontre est organisée pour leur communiquer de l’information et ils ne viennent pas la chercher », a déploré le maire de Saint-Fortunat, Denis Fortier.
D’ici le dépôt du projet auprès d’Hydro-Québec, l’entreprise poursuit ses démarches sur le terrain. Elle prépare également une autre journée portes ouvertes qui se tiendra à l’automne et au cours de laquelle davantage d’informations seront dévoilées.
À noter que d’autres projets sont actuellement en préparation sur le territoire de la MRC des Appalaches. Parmi eux figurent le parc éolien Osgood, développé par Pattern Energy et actuellement en phase préliminaire, le projet éolien Broughton déjà retenu par Hydro-Québec dans le cadre d’un précédent appel d’offres, ainsi que le projet Bullard de Boralex, dont des présentations publiques sont prévues le 16 juin à Inverness et le 17 juin à Saint-Adrien-d’Irlande.
