Un projet immobilier d’envergure remis en question à Thetford Mines
Les promoteurs du projet immobilier Thetford-sur-le-Golf ont déposé la plus basse soumission pour accueillir le futur CLSC, qui serait aménagé aux premiers étages de ce développement d’envergure prévu sur le site de l’ancienne fonderie. Toutefois, sa réalisation nécessite un changement de zonage afin d’y permettre l’implantation de l’établissement de santé. La demande de modification a été refusée par la Ville de Thetford Mines puisque le projet ne se situe pas dans le périmètre qu’elle a défini au centre-ville. Cette décision vient donc remettre en question ce projet immobilier évalué à plus de 215 millions $.
Rappelons que l’appel d’offres pour la location des locaux du CLSC avait été relancé le 1er décembre 2025 par le Centre intégré de santé et de services sociaux de Chaudière-Appalaches (CISSS-CA). Le périmètre de localisation avait été élargi par rapport aux appels précédents, la nouvelle zone recherchée étant délimitée par le boulevard Frontenac Est (au nord), les rues du Golf, Lapierre et Notre-Dame Est (au sud), l’intersection du boulevard Frontenac Est et de la rue Notre-Dame Est (à l’est) ainsi que par les rues Johnson, Pie-XI, Smith, Bennett Ouest et Saint-Alphonse Sud (à l’ouest).
La Ville de Thetford Mines avait annoncé accueillir avec beaucoup de satisfaction la relance du projet de construction du nouveau CLSC. Elle avait cependant dit ne pas comprendre la décision d’élargir le périmètre, rappelant que la réglementation municipale priorise clairement le projet au centre-ville, ce qui reflète à la fois les orientations d’aménagement adoptées et les attentes de la population selon elle. La localisation souhaitée par Thetford Mines se trouve à l’ouest de la rue St-Alphonse.
Le projet proposé par les promoteurs de Thetford-sur-le-Golf se situe ainsi à l’intérieur du périmètre établi par le CISSS-CA, mais à l’extérieur de celui défini par la Ville. Lors de la séance publique du conseil municipal du 4 mai, cette dernière a confirmé le rejet de la demande de modification réglementaire déposée par les promoteurs, une décision que ceux-ci peinent à comprendre.
Denis Bolduc, président du projet Thetford-sur-le-Golf, a affirmé qu’ils étaient déçus lors d’un entretien avec le Courrier Frontenac. Leur proposition est la plus basse, avec une offre de location de 10,2 millions $ sur dix ans, comparativement à celles des autres soumissionnaires, qui s’élèvent à 13,9 millions $, 14,5 millions $ et 24,5 millions $. Selon nos informations, deux d’entre eux seraient situés à l’intérieur des périmètres établis par l’appel d’offres ainsi que par la Ville.
En ce qui a trait au projet de Thetford-sur-le-Golf, une attention particulière avait été portée à la qualité architecturale. Il prévoyait notamment l’aménagement d’une grande partie des stationnements demandés par l’appel d’offres à l’intérieur afin d’éviter les ilots de chaleur. La présence du CLSC contribuait également à renforcer la crédibilité de ce développement immobilier audacieux, notamment auprès des institutions financières et de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). Un projet de cette ampleur étant inédit à Thetford Mines, l’ajout du revenu de location du CLSC venait en assurer une certaine stabilité. Un bon montant avait d’ailleurs été investi afin de déposer une offre solide.
M. Bolduc a affirmé qu’il croyait au projet tel qu’il avait été présenté, mais a reconnu qu’il sera probablement revu à la baisse avec des bâtiments de plus petite stature et un plan d’aménagement moins élaboré. Lors de son annonce en mai 2025, on prévoyait la construction de plus de 500 logements ainsi que divers aménagements tels qu’une piscine intérieure, un spa, un sauna et un hammam, un gym, une salle de jeux, un terrain intérieur de pickleball, des espaces de travail et une salle de réunion avec terrasse extérieure, une salle à manger avec cuisine commune ainsi que des aires de jeux extérieures pour enfants.
Il a indiqué que le terrain devrait être remis en vente puisqu’il envisage maintenant de laisser à d’autres le soin d’y concrétiser un projet.
Pas une surprise
Le maire de Thetford Mines Marc-Alexandre Brousseau a mentionné qu’une communication avait été transmise à la Ville par les promoteurs, mais qu’il n’avait pas encore pu en faire une analyse approfondie. Il a précisé que le Service d’urbanisme devrait également entrer en contact avec eux, tout en rappelant que la décision rendue n’était pas une surprise.
« La Ville a la même position depuis des décennies, soit que le CLSC doit se retrouver dans le centre-ville », a-t-il réitéré.
Concernant la possibilité qu’un important projet immobilier ne voit pas le jour, il a rappelé que le zonage est établi en fonction de la planification globale de la ville et ne peut être adapté aux demandes de chaque promoteur. Il a également soutenu qu’un CLSC doit être implanté au bon endroit, soit à proximité des populations les plus défavorisées et de celles ayant le moins de mobilité.
Il a dit ignorer quelle sera la décision des promoteurs, mais demeure convaincu qu’un projet y prendra forme. « On se souvient que lorsqu’il a été annoncé, il n’y avait pas de CLSC qui allait là. Est-ce qu’ils vont choisir de revenir avec un projet différent ou est-ce qu’ils vont vendre pour qu’il y ait un autre promoteur qui s’installe? Je pense que tout le monde a découvert que c’est un emplacement idéal. Évidemment, on souhaite que ce soit avec les promoteurs qui y sont actuellement. »
M. Brousseau a ajouté que la Ville est toujours disposée à collaborer avec eux s’ils souhaitent réaliser un projet immobilier ou avec tout autre promoteur qui aura vu le potentiel du terrain. Il a enfin souligné qu’il avait été acquis rapidement lors de la précédente transaction. « C’est vraiment un superbe endroit. Évidemment, on a toute la volonté de travailler avec les promoteurs pour faire en sorte qu’il y ait un projet. »
Le processus se poursuit
Le CISSS-CA a confirmé être en attente de la réception des documents administratifs du plus bas soumissionnaire, notamment la confirmation de conformité au zonage et les autres exigences prévues. « Un délai maximal de 60 jours suivant l’annonce lui est accordé pour compléter ces démarches. Si la proposition ne peut être retenue, nous passerons alors au deuxième soumissionnaire conforme. L’analyse se poursuit donc selon les règles habituelles du processus d’appel d’offres », a indiqué par courriel Dominique Lessard, relationniste au Service des relations publiques et communications.
