Partager son expertise dans une autre partie du monde

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Diane Métivier a participé à deux missions au Bénin depuis 2012.

THETFORD. Après avoir œuvré pendant 40 ans au Mouvement Desjardins, soit de 1971 à 2011, la Thetfordoise Diane Métivier a décidé de partager l’expertise qu’elle a acquise pendant sa carrière en prenant part à deux missions au Bénin en tant que bénévole. 

La première mission s’est tenue en novembre 2012 et la seconde à la fin du mois de février dernier. «J’ai toujours aimé voyager et je savais qu’il existait Développement International Desjardins qui permet à des retraités du Mouvement de mettre à profit leur expérience avec les pays en développement et en émergence. J’ai donc décidé de me porter volontaire», a-t-elle partagé au COURRIER FRONTENAC.

Le mandat de Mme Métivier consistait à accompagner les agents impliqués dans la chaîne de gestion des crédits et en recouvrement à la Mutuelle pour le développement à la Base et à la Caisse du mouvement mutualiste béninois. «Il faut dire que c’est ma spécialité. Il y a des bénévoles qui y vont pour le contrôle interne ou pour l’informatique. Nous ne sommes pas des consultants et nous ne sommes pas vus comme ça non plus. Nous regardons leurs méthodes pour voir de quelle manière nous pouvons améliorer leurs critères d’analyses et leurs façons de faire du recouvrement», a-t-elle mentionné.

La Thetfordoise de 61 ans dit avoir choisi le Bénin principalement en raison de la langue. «Ils parlent français comme nous. Je suis capable de me débrouiller en anglais quand je vais en voyage, mais parler l’anglais des affaires, j’aurais peut-être un peu de difficulté. Je devais quand même faire attention puisque nous avons un accent et eux aussi.»

Un énorme défi

Lorsqu’elles accordent du crédit, les mutuelles du Bénin le font en recueillant des déclarations verbales. À titre d’exemple, l’agent de crédit va à la rencontre de l’emprunteur à son lieu d’activités afin de constater l’inventaire et le volume des opérations. Par contre, il ne lui demande pas de lui fournir un cahier de ventes, ni la liste des achats aux fournisseurs.

«Quand vient le temps d’autoriser le crédit, le responsable des opérations de la mutuelle contre vérifie les informations données en se déplaçant à son tour sur le lieu de travail de l’emprunteur. Ensuite, il peut y avoir une douzaine de personnes qui échangent autour d’une table sur le dossier pendant une journée entière afin de déterminer s’ils accordent ou non le prêt. Toutefois, ils ne se basent sur aucune capacité de remboursement», a renchéri Mme Métivier.

C’est notamment à ce moment que la Thetfordoise avait à intervenir pour leur dire qu’il était important de se fier sur des chiffres afin que la capacité de remboursement soit mise en évidence, car le pourcentage d’impayés est très élevé. «Plus de 20 % de leurs prêts sont en retard. C’est beaucoup quand on regarde l’ensemble du portefeuille», a-t-elle dit.

Une expérience enrichissante

La retraitée de Desjardins dit avoir adoré ses deux missions au Bénin. «Dans les dernières années de ma carrière, j’étais souvent en relation d’accompagnement avec les conseillères et les planificateurs alors c’était motivant et valorisant de refaire cette démarche. C’est plaisant de partager notre expertise, de se sentir vivant et utile», a-t-elle indiqué.

Diane Métivier ignore pour le moment si elle retournera un jour en mission. «Le Bénin c’est un pays agréable, par contre, il n’y a pas grand-chose à visiter. J’irai peut-être dans un autre pays. Je demeure ouverte, mais pas cette année. Mon conjoint et moi avons d’autres projets de voyage à l’automne. Je verrai selon les mandats qui me seront proposés», a-t-elle conclu.

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