Quand la région fait son cinéma…

Quand la région fait son cinéma…

THETFORD. Peu de productions cinématographiques ont été tournées dans la région, toutefois, parmi celles-ci se trouve «Mon oncle Antoine», un film de 1971 considéré comme l’une des plus grandes œuvres canadiennes de tous les temps.

Ce film tourné dans le secteur Black Lake et réalisé par Claude Jutra raconte l’histoire d’une petite ville minière du Québec des années 1940, la veille de Noël. «Insouciante pour quelques heures, la population, rassemblée au magasin général, oublie sa pauvreté. Aux aguets, Benoît, un garçon de quinze ans : il découvre le monde des adultes, celui des sensations, de la souffrance et des petites folies, qui, pour un instant, prennent un air de bonheur», peut-on lire dans sa description sur le site Web de l’Office national du film.

En plus d’être l’une des œuvres les plus importantes de la filmographie canadienne, «Mon oncle Antoine» a aussi été un précurseur de la qualité cinématographique québécoise en étant le premier à faire le tour du monde et à recevoir des récompenses à l’international, soit une vingtaine au total. Ce film mettait en vedette Jean Duceppe dans le rôle de l’oncle Antoine, Jacques Gagnon, Olivette Thibault, Monique Mercure et Lionel Villeneuve.

Un film fantastique

En 2005, une autre production québécoise a utilisé le décor de Black Lake comme toile de fond. Il s’agit de «Saints-Martyrs-des-Damnés», un film fantastique unique en son genre au Québec et réalisé par Robin Aubert.

L’histoire se déroule à Saints-Martyrs-des-Damnés, un petit village éloigné au Québec, où l’on vient de découvrir plusieurs disparitions. Pour tenter de résoudre l’énigme, l’éditeur d’un journal spécialisé dans le surnaturel, Raoul Bösch, décide d’envoyer sur les lieux le journaliste Flavien Juste le photographe et Armand Despas. Au village, Flavien et Armand sont hébergés à l’Auberge des deux Malvina lorsque ce dernier disparaît. Flavien fera tout pour le retrouver malgré le regard réticent des villageois. Il ne partira jamais sans Armand, son meilleur ami, même s’il doit découvrir des choses qu’il aurait aimé ne jamais savoir.

N’ayant vendu que 37 000 entrées en salle dans la province, «Saints-Martyrs-des-Damnés» a connu un peu plus de succès à l’international, notamment en remportant le prix du public au Festival international de films du Luxembourg et le prix de la Meilleure réalisation au Festival international de films fantastiques de Oporto au Portugal.

De Thetford à Taylor Mines

«Le vrai du faux» est le dernier long métrage à avoir été tourné dans la région, soit en 2013. Il raconte l’histoire de Marco Valois (Stéphane Rousseau), un cinéaste au bord de l’épuisement professionnel, qui décide de faire un film sur la vie d’Éric (Mathieu Quesnel), un militaire revenu d’Afghanistan en état de choc post-traumatique. Les deux comparses retournent alors à Taylor Mines, la ville natale d’Éric.

Cette comédie dramatique réalisée par Émile Gaudreault est basée sur la pièce «Au champ de Mars», du dramaturge Pierre-Michel Tremblay, également coscénariste pour «Le vrai du faux».

Le tout premier

Le premier long métrage à avoir été tourné dans la région est «Poussière sur la ville» du réalisateur Arthur Lamothe et d’après un roman publié par André Langevin. Ce film en noir et blanc a été tourné en 1965 à Thetford Mines. L’histoire présente le désarroi d’un homme et d’une femme qui vivent côte à côte, mais ne se parlent plus. Deux univers parallèles qui se touchent sans jamais se rencontrer.

«Le personnage central est la ville : ville champignon sortie du sol, poussée au-dessus d’une ville d’amiante, au fond d’une vallée encaissée, au milieu de pyramides de déchets. Une fine poussière embue l’air, encrasse les poumons et salit la neige. J’ai essayé de transcrire l’engourdissement du Québec, l’hiver, dans la neige, où tout est bloqué», raconte le réalisateur lors de la sortie du film en 1968.

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