Bilan de la 33e édition du Festival Promutuel de la Relève : un soutien essentiel pour voir plus grand
Une météo clémente et un samedi particulièrement achalandé ont permis aux organisateurs du Festival Promutuel de la Relève de Thetford de dresser un bilan positif de sa 33e édition, présentée du 20 au 22 août au centre-ville. L’appui croissant des partenaires contribue également à assurer la tenue de l’événement annuel.
« Côté météo, nous avons eu trois soirées extraordinaires comme ça n’arrive pas souvent. Nous avions aussi 105 partenaires cette année. C’est vraiment exceptionnel. Les gens de la région sont extrêmement présents », a indiqué le président sortant, Charles Morin, qui a également souligné la qualité des spectacles offerts.
La grande majorité du soutien provient de la région, mais de plus en plus de grands partenaires de l’ordre provincial ou national s’intéressent au festival. « C’est très important que les gens sachent que cet argent provenant de l’extérieur est essentiel à la survie et à la croissance du festival. Nous avons eu beaucoup de chance cette année parce qu’il y en a eu plusieurs de l’extérieur, de grandes bannières, qui ont amené de nouveaux montants. »
En ce qui a trait à l’achalandage, le directeur général de l’événement, Vincent Vachon, a raconté que l’organisation est satisfaite malgré qu’elle aimerait toujours en avoir plus dans la section payante. « Il faut que les gens comprennent que ce n’est pas gratuit. Tout ce que nous faisons, c’est pour la ville et pour eux. La foule de samedi, c’est notre cerise sur le sundae. C’est le nombre que nous aimerions avoir tous les soirs. Nous avons encore la section gratuite qui est vraiment appréciée des festivaliers, mais nous souhaiterions toujours en avoir plus qui achètent notre passeport de trois jours et devenir un incontournable. »
Le directeur général a mentionné que l’organisation a eu beaucoup de bons commentaires sur sa programmation diversifiée. « Nous avons aussi eu de belles surprises. Nous nous faisons souvent dire que nous sommes avant-gardistes. Je pense que les gens sont satisfaits des spectacles qu’ils ont pu voir et qu’ils valaient le prix d’entrée », a-t-il commenté.
Tous deux ont adoré la présence d’un ambassadeur cette année, soit Maxime Poulin, créateur du personnage de Jerry Tremblay. « Au-delà du personnage, c’est certain que le fait qu’il soit un gars du coin qui était heureux de s’impliquer a eu son effet. Ça faisait d’ailleurs longtemps que nous y pensions. Avoir un ambassadeur fait partie de nos plans pour les prochaines éditions. Il reste à savoir lequel. Sur la scène principale, nous voulons toujours avoir des groupes locaux en première partie, mais il faut aussi que le contenu soit au rendez-vous et que certains critères soient respectés », a observé Vincent Vachon.
Ce dernier a par ailleurs salué l’engagement des 105 partenaires et des dizaines de bénévoles qui contribuent à la tenue du festival. Une cinquantaine de personnes étaient d’ailleurs déjà à pied d’œuvre très tôt dimanche matin pour procéder au démantèlement des installations. Il a également tenu à remercier toutes les personnes qui soutiennent le festival, de près ou de loin.
« Il y a beaucoup de bénévoles, dont plusieurs issus d’organismes du milieu. Nous pouvons aussi penser à Héritage Centre-ville, qui est là pour nous soutenir, à la Ville et à bien d’autres », a ajouté Charles Morin.
Offre alimentaire
D’année en année, le festival essaie de se renouveler. Pour la 33e édition, une section avec des restaurateurs ainsi qu’une zone détente avaient été ajoutées dans la partie payante. « Ce sont peut-être des camions de rue de l’extérieur, mais en majorité ce sont des franchisés établis à Thetford. Je crois que c’est une nouveauté qui a été appréciée, mais encore là, nous aurions aimé qu’il y ait plus de gens dans cette zone. Toutefois, je pense qu’au final, le festival, c’est la rue et le rassemblement. Nous maintenons une gratuité et c’est important », a affirmé Vincent Vachon.
À noter que la zone gourmande située dans la partie gratuite du site, sur la rue Notre-Dame, était encadrée par Héritage Centre-ville. « Sa mission est de valoriser les entreprises situées dans un périmètre délimité dans ce secteur », a précisé Charles Morin.
Il a de plus réitéré que les grandes bannières souhaitent de plus en plus s’associer au festival et que leur présence contribue à en attirer d’autres, ce qui s’inscrit dans la volonté de faire rayonner davantage le festival. C’était notamment le cas pour les restaurateurs présents dans la partie payante, dont seulement un [les churros] n’a pas de franchise locale. Le but avec leur présence était de proposer une offre diversifiée. « Il y a beaucoup de gens qui nous disent vouloir que le festival grossisse, mais ça va prendre de plus en plus de soutien de l’extérieur pour en avoir la capacité. Il y a déjà 105 partenaires de la région, les entreprises du coin sont présentes et participent au maximum. Je pense que c’est normal que le festival se demande si c’est possible d’aller chercher de grandes bannières pour permettre de croître et de rayonner encore plus. »
Une scène de trop?
Au moment d’écrire ces lignes, l’organisation n’avait pas encore eu le temps de procéder à son bilan. Selon Vincent Vachon, un constat s’impose toutefois déjà : le nombre élevé de scènes devra être revu puisque cela a pour effet de disperser les festivaliers. « Nous aurons à y repenser. Est-ce que nous enlèverons une scène? C’est dans les plans, je ne le cache pas. Nous avons maintenant une programmation sur la scène Le Lait qui attire quand même de jeunes familles. Nous avions quatre scènes et 38 spectacles pour une population de 25 000. Nous souhaitons toujours en faire plus pour les festivaliers, mais actuellement, c’est peut-être au détriment d’artistes qui viennent performer chez nous. »
L’organisation avait choisi d’inclure le chapiteau dans la partie payante, alors qu’il était accessible gratuitement l’an dernier. Il avait aussi été agrandi. « Le bilan par rapport au chapiteau est à revoir. Ce n’est pas qu’il n’est pas nécessaire, mais je considère que nous avons une scène de trop. Ça fait quelques années que ça mijote, mais je pense que cette année, nous nous en sommes rendu compte davantage. À part le samedi, c’était plus tranquille au niveau du chapiteau. Ce n’est pas à cause des artistes parce que nous en avions d’excellents. Les gens qui ont assisté aux spectacles ont été très satisfaits », a noté Vincent Vachon.
Changement à la présidence
Après 13 années d’implication au sein du comité organisateur du Festival Promutuel de la Relève, dont plus de six à la présidence, Charles Morin a décidé de passer le flambeau. Bien que la décision doive encore être entérinée, il est déjà connu que Caroline Poulin, qui occupait le poste de vice-présidente, lui succédera. « Il y a presque sept ans, Vincent [Vachon] et moi avons obtenu la mission d’assurer la transition entre l’ancien comité et le nouveau. Nous avons un peu dépassé le mandat puisque je crois que c’est fait depuis quelques années. À voir la vitalité du festival, je suis très content de ce qui a été accompli et que ce soit Caroline qui le reprenne. S’il y avait une personne qui avait les reins assez solides et l’énergie pour le faire, c’est définitivement elle. »
Son souhait est que la région continue de voir grand pour son festival, au bénéfice notamment des commerces locaux. « C’est notre objectif, en plus de rendre la culture accessible. La culture accessible à 33 $, ça prend de l’argent », a-t-il rappelé.
Quant à la principale intéressée, elle a indiqué avoir été convaincue lorsqu’elle a été approchée, entre autres, en raison du soutien qu’elle pourra recevoir du président sortant durant la transition ainsi que de celui du comité. « Vincent et moi travaillons très bien ensemble. Nous formons une bonne équipe et nous sommes souvent sur la même longueur d’onde. L’un des éléments que je répète souvent et qui fait que j’accepte la présidence c’est parce qu’il est là en plus des membres du comité. Nous avons une équipe solide et beaucoup de plaisir. Ça, c’est aussi important pour moi. Nous avons des personnes qui s’entendent bien et qui sont très efficaces. Ça rend la décision plus facile », a-t-elle conclu.
Coups de cœur
« Nous en avons parlé avec Julie [Morissette, directrice artistique], c’est elle qui s’occupe de recevoir les artistes et elle a dit que nous avons vraiment reçu des humains sympathiques. Elle a notamment eu un coup de cœur pour David Pineau et son équipe. […] Personnellement, mon coup de cœur, c’est Kaïn. Ça fait plusieurs fois que je les vois et ils sont en tournée d’adieu. Ils nous ont donné tout un spectacle, puis avec la rue qui était remplie de monde, c’était magique. » – Caroline Poulin
« Mon coup de cœur, c’est quand des jeunes viennent me voir et me disent : “Monsieur, merci de nous faire de la place”. C’est vraiment arrivé avec DayDream, qui a joué sur la scène Loto-Québec et qui est venu me remercier personnellement. Ça vient te chercher parce que c’est ça, la relève. Il y en a beaucoup qui nous critiquent là-dessus, mais la relève, elle est présente. Jeudi, c’était la scène [Hydro-Québec] la plus populaire avec les artistes coups de cœur de Secondaire en spectacle. Les gens ne voient pas l’envers du décor, mais avec eux, nous prenons le temps de signer un contrat, nous leur faisons des cocardes et ils ont une loge. De voir ces jeunes-là, les yeux brillants, vivre une première expérience professionnelle, c’est aussi mon coup de cœur. » – Vincent Vachon
Pour le président sortant, Charles Morin, son coup de cœur fut le spectacle de L’Expédition – Hommage aux Cowboys Fringants, qui a offert les plus grands succès du mythique groupe québécois.
