Chiens sur les terrasses : deux zoothérapeutes lancent une formation pour aider les commerçants

Les zoothérapeutes Magali Thivierge et Jessica Jacques, du Centre l’empreinte du bonheur, ont lancé une formation portant sur la présence des chiens sur les terrasses. Depuis l’entrée en vigueur de la loi 85 en avril dernier, les restaurateurs et les propriétaires de microbrasseries du Québec peuvent, s’ils le souhaitent, permettre l’accès à leurs installations.

Cette nouvelle législation a été saluée tant par l’Association Hôtellerie du Québec que par l’Association des microbrasseries du Québec, qui y voient une mesure moderne, en phase avec la réalité du cani-tourisme, un phénomène en pleine croissance.

Cependant, malgré cette avancée, son application suscite des préoccupations sur le terrain. Magali Thivierge et Jessica Jacques ont constaté un manque flagrant d’information chez les commerçants. « Quand la loi 85 est entrée en vigueur, les restaurateurs et les microbrasseries n’ont reçu aucune directive. Plusieurs n’étaient même pas au courant. Il n’y a pas eu de consignes, pas de structure ni de protocole. Les gens ont été laissés à eux-mêmes », déplore Magali Thivierge.

Fortes de leurs expériences respectives, les deux femmes ont décidé de passer à l’action. Elles ont conçu une formation destinée aux restaurateurs, microbrasseries et au grand public, afin de favoriser une intégration harmonieuse des chiens sur les terrasses.

D’une durée d’environ trois heures, elle aborde plusieurs aspects tels que l’hygiène, la salubrité, le comportement canin, la gestion des conflits, les responsabilités des commerçants et les normes du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ).

« Nous faisons des mises en situation concrètes avec nos chiens pour que les participants apprennent à reconnaître les signes d’apaisement ou de stress, à fixer les limites avant qu’une situation ne dégénère et à savoir à quel moment il est nécessaire d’intervenir », explique Mme Thivierge.

« Nous avons aussi développé une approche misant sur le respect, la politesse et le civisme pour aider les employés à désamorcer les tensions avec des clients qui pourraient être allergiques, craintifs ou opposés à la présence de chiens », ajoute Jessica Jacques.

Selon Magali Thivierge, la présence de chiens sur les terrasses est déjà autorisée ailleurs au Canada et dans plusieurs pays à l’étranger. « Aux États-Unis, notamment en Floride, il est possible d’en croiser à l’intérieur des centres commerciaux et des marchés d’alimentation. Il faut toutefois préciser que les animaux présents en société sont bien éduqués. Ce sont des chiens qui ne jappent pas, qui restent assis ou couchés sur commande et dont les maîtres assurent un encadrement rigoureux. »

Dans certains des établissements visités par les deux zoothérapeutes, des changements avaient été apportés afin d’adapter l’environnement. Des espaces permettant aux animaux de se promener librement et en toute sécurité avaient été aménagés et des distributeurs de sacs pour excréments avaient été installés. Plusieurs commerçants avaient même saisi l’occasion d’ajouter divers produits canins à leur offre, générant ainsi de nouveaux revenus.

« En tant que zoothérapeutes, nous contribuons à renforcer le lien entre l’humain et l’animal. Pour nous, il est essentiel de favoriser leur inclusion dans la société et d’encourager une ouverture à leur présence dans l’espace public », souligne Mme Jacques.

Un projet qui suscite déjà de l’intérêt 

Une première formation a eu lieu le 23 juin dernier à la Microbrasserie des Haldes, située à Thetford Mines, en présence de commerçants locaux et de visiteurs venus d’autres régions. Les établissements participants ont reçu un autocollant à apposer à l’entrée, indiquant que les chiens y sont les bienvenus. « Nous leur fournissons également divers documents, dont un protocole en matière d’hygiène et des fiches de responsabilité. Notre objectif est de simplifier la tâche des restaurateurs et microbrasseurs », précise Magali Thivierge.

D’autres formations, offertes en présentiel ou en ligne, sont au programme. Les deux femmes se disent disposées à se déplacer partout au Québec, en fonction des besoins.