Des concentrations élevées de fibres d’amiante dans des cours d’eau à Thetford Mines et Val-des-Sources
Les haldes de résidus miniers engendrent une hausse de la concentration des fibres d’amiante dans plusieurs cours d’eau à Thetford Mines et Val-des-Sources, un phénomène qui pourrait avoir des effets néfastes sur les milieux aquatiques. C’est ce que révèle un premier rapport publié par le ministère de l’Environnement.
Dans le cadre d’un programme de suivi environnemental, 39 stations d’échantillonnage ont été implantées en amont et en aval des haldes de résidus miniers amiantés, ainsi que dans des tributaires de référence. Ces stations se trouvaient principalement à la tête des bassins versants des rivières Bécancour et Nicolet Sud-Ouest. Les analyses ont été réalisées entre avril 2023 et mars 2024, portant sur la qualité de l’eau de surface et des sédiments.
Ce suivi répond aux recommandations émises en 2020 par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement. L’organisme gouvernemental avait souligné le manque de données concernant les effets des haldes de résidus miniers amiantés sur les milieux aquatiques.
D’après les auteurs du rapport, les concentrations d’amiante détectées dépassent fréquemment les seuils préoccupants définis par l’Agence américaine de protection de l’environnement (US EPA) pour les organismes aquatiques. Il est donc plausible que les fibres d’amiante affectent les composantes biologiques des bassins versants des rivières Bécancour et Nicolet Sud-Ouest. De futures données permettront d’évaluer en partie les impacts.
Les fibres d’amiante les plus abondantes sont de courtes longueurs (entre 0,5 et 10 micromètres), un aspect souvent peu pris en compte, mais qui, selon le rapport, mérite une attention accrue. Parmi les types d’amiante, le chrysotile est majoritaire dans l’eau et les sédiments, tandis que des fibres d’amiante amphibole, considérées comme plus dangereuses, ont aussi été détectées, mais de manière moins fréquente.
Le rapport révèle également une hausse de la concentration de certains métaux dans les cours d’eau affectés, notamment le magnésium, l’arsenic, le chrome, le cobalt, le cuivre et le nickel. Certains dépassements des critères de qualité chroniques pour la vie aquatique (CVAC) ont été relevés, ce qui pourrait représenter un risque pour des espèces particulièrement sensibles.
Le ministère de l’Environnement poursuit sa campagne d’échantillonnage afin d’avoir un portrait plus complet de la situation sur plusieurs années et de mieux évaluer les impacts environnementaux.
Pour consulter le rapport : https://bit.ly/474ebxa
