Mégantic—L’Érable—Lotbinière : débat à deux candidats au Cégep de Thetford

Le Département des sciences sociales du Cégep de Thetford, en collaboration avec le service du socioculturel et la Télévision communautaire de la région des Appalaches (TVCRA), tenaient un débat électoral, le mercredi 23 avril. Les candidats du Parti conservateur, Luc Berthold, et du Bloc québécois, Réjean Hurteau, se sont ainsi prononcés sur différents enjeux. 

À noter que seuls les candidats de Mégantic—L’Érable—Lotbinière représentant des partis siégeant à la Chambre des communes lors de la dissolution avaient été invités à y participer. Gabriel D’Astous du Nouveau parti démocratique a décliné l’invitation, alors que Charles McKaig du Parti libéral n’y a pas donné suite. Le Parti vert n’a pas de candidat dans la circonscription pour cette élection.

Le débat était divisé en trois grands volets selon les enjeux locaux, nationaux et environnementaux. Chaque portion comportait plusieurs sous-thèmes comme les relations canado-américaines, le logement ou encore la transition énergétique. Un débat ouvert sur l’ensemble de ces enjeux a ensuite eu lieu, alors que chaque candidat était libre d’interpeller l’autre. Une période de questions du public suivait chacun des blocs. 

Volet local

Qu’est-ce que votre parti compte faire pour freiner la crise du logement?

Pour Réjean Hurteau, il faudrait inciter les étudiants à rester chez leurs parents un peu. Les gouvernements doivent s’impliquer dans la construction de logements. Il a rappelé qu’il s’agit d’une compétence provinciale, mais que le fédéral peut apporter un soutien financier, à condition de respecter les champs de compétence et de ne pas court-circuiter le Québec.

Selon Luc Berthold, il faut permettre la construction de nouveaux logements en évitant les contraintes administratives aux promoteurs, comme c’est le cas notamment à Thetford Mines. Une offre plus importante favorisera ainsi un accès plus abordable.

Que proposez-vous pour aider les entreprises locales dans cette période économique trouble?

Le candidat bloquiste a soutenu qu’il est important de protéger les emplois en cette période de crise incertaine et avec une administration américaine imprévisible. Il faut agir selon lui comme ce fut le cas pendant pandémie en maintenant le lien d’emploi entre les employeurs et les travailleurs. Il faut envisager d’autres relations économiques que celles nord-sud, créer des emplois et être solidaires.

Pour le candidat conservateur, après dix ans de gouvernement libéral, le pays est dans une situation de grande faiblesse. Il est maintenant pris avec une administration américaine imprévisible. Il a affirmé qu’il faut se tenir debout, être fermes, et imposer des contre-tarifs en réponse à ceux des États-Unis. Le risque demeure que ces contre-mesures finissent par faire encore plus mal aux entreprises d’ici, ce qui fait en sorte qu’elles doivent être ciblées pour ne pas nuire à leur approvisionnement. 

Enjeu principal de cette campagne selon les candidats

Luc Berthold : “Est-ce qu’on veut un changement de gouvernement ou pas? C’est aussi simple que ça. Encore une fois, je pense que c’est important de réaliser qu’on a peut-être changé de chef au Parti libéral, mais on n’a pas changé d’équipe, on n’a pas changé de parti. C’est toujours le même parti, celui qui a fait exploser la dette de façon incroyable. Et maintenant, ce fardeau-là, on le fait porter à nos étudiants, à nos familles, à nos petits-enfants, même à nos arrière-petits-enfants. Donc l’enjeu de cette campagne est clair : est-ce qu’on veut continuer dans la même direction ou est-ce qu’on est prêts pour un vrai changement?”

Réjean Hurteau : “Je pense que l’enjeu principal de cette campagne, c’est de s’assurer qu’il y ait une voix à Ottawa. Dans les mois et les années à venir, il y aura des débats et des négociations. Il faut absolument que le Québec soit bien représenté à la Chambre des communes parce que c’est là que ça va se passer. Alors, le point de vue du Québec, qui peut le représenter, sinon le Bloc? Puis le Bloc, sa finalité, c’est de paver un peu la route pour le Parti québécois, en visant toujours l’indépendance et la souveraineté.”

Le public était ensuite invité à poser des questions. Celles-ci ont porté sur l’aide aux entreprises en démarrage, au soutien envers les médias locaux et par rapport à la balance du pouvoir du Bloc.

Volet national

Que proposez-vous pour prévenir les propos haineux sur les réseaux sociaux, mais aussi pour diminuer la diffusion de fausses informations qui alimentent les tensions?

Luc Berthold croit qu’il faut sensibiliser les gens et punir les propos qui sont illégaux, voire criminels. Pour lui, il ne faut pas hésiter à sanctionner ces paroles-là quand elles dépassent une certaine limite. Il pense que les corps policiers devraient déployer plus de ressources pour éviter qu’on en arrive à des situations extrêmes comme celles vécues dans la sphère politique. Il a rappelé que plusieurs femmes qui s’étaient présentées comme députées ou mairesses ont décidé de quitter avant la fin de leur mandat, justement en raison de la pression et des attaques sur les réseaux sociaux.

Réjean Hurteau n’avait rien à ajouter sur ce sujet.

Considérant la situation économique actuelle précaire qui met l’emploi de plusieurs personnes en jeu, croyez-vous que ce soit une bonne idée de baisser les impôts et si oui dans quels programmes sociaux allez-vous couper?

Luc Berthold a d’abord soulevé le biais de la question en indiquant qu’il n’était pas nécessaire de faire un parallèle entre le fait de couper les impôts et celui de réduire les programmes sociaux. Il a affirmé qu’en effet le Parti conservateur allait baisser les impôts de 15 %, enlever la TPS sur l’achat d’une maison neuve et abolir la taxe carbone. Selon lui, cela est dû aux exagérations du gouvernement précédent. Il a indiqué qu’il y a plusieurs endroits où il est possible de couper sans toucher aux services, soit du côté des consultants et de la fonction publique.  

Réjean Hurteau n’a pas voulu répondre à la question.

Le candidat conservateur a relancé son adversaire bloquiste au sujet de l’une de ses déclarations dans le journal La Tribune disant que pour la première fois depuis longtemps, il est impératif qu’il y ait des gens du Québec à la Chambre des communes.

Les questions du public ont par la suite porté sur les baisses d’impôts et la voie de contournement à Lac-Mégantic.

Volet environnemental

Que pensez-vous de l’actuelle cible de réduction des gaz à effet de serre du Canada, la moins ambitieuse du G7?

Réjean Hurteau a qualifié cela de désastreux. Il a dit qu’au Québec, il n’y a pas d’acceptabilité sociale en ce qui a trait aux gaz de schiste, aux forages et aux pipelines. Cela a suffisamment été réfléchi selon lui.

Luc Berthold pense que le Canada a un rôle à jouer, mais un rôle mondial au niveau de la lutte aux changements climatiques. Depuis que Donald Trump est au pouvoir, cela a causé un réveil par rapport à l’importance de développer la richesse de notre pays, a soutenu le candidat conservateur. Le Parti conservateur souhaite développer un corridor énergétique qui va aller d’un bout à l’autre du Canada et utiliser le gaz naturel pour remplacer, notamment, les centrales de charbon en Inde. Il a aussi abordé les projets de captation du carbone avec les résidus miniers à Thetford Mines.

Quelle est la position de votre partie sur l’exploitation gazière et pétrolière?

Réjean Hurteau a soutenu que le Bloc québécois était contre.

Luc Berthold a souligné que le pétrole était encore beaucoup utilisé et qu’il n’était pas possible d’arrêter son exploitation du jour au lendemain. Il a affirmé qu’il faut faire en sorte de développer l’indépendance énergétique canadienne. Son parti prône une transition énergétique plus lente, mais plus sûre, avec un rôle accru pour les entreprises.

Est-ce que vous vous engagez à stopper toute subvention fédérale à l’industrie fossile et à la construction de pipelines?

Réjean Hurteau a répondu par l’affirmative en disant que pour le Bloc québécois il s’agit d’une évidence.

Luc Berthold a mentionné que pour les conservateurs, il ne s’agit pas de mettre de l’argent dans des pipelines, mais de permettre que les entreprises privées puissent les exploiter et les réaliser en limitant le nombre de processus d’approbation. 

Quelle est la position phare ou votre proposition phare en environnement?

Réjean Hurteau n’avait rien à dire sur le sujet.

Les questions du public ont porté sur la raison pour laquelle les enjeux environnementaux restent sujets à discussion et les problématiques liées aux changements climatiques.

Le vote des jeunes

Comment comptez-vous rejoindre les jeunes pendant cette fin de campagne et les inciter à voter?

Réjean Hurteau a répondu en disant qu’il faut les inviter à le faire et tenter de se rallier au lieu de se diviser.

Luc Berthold a soutenu que les événements comme le débat au Cégep de Thetford sont importants. Il est important de les joindre où ils sont présents. Il a souligné faire de la participation citoyenne des jeunes en politique l’un de ses principaux objectifs depuis qu’il est dans ce milieu. Il a finalement remercié ceux ayant participé au débat. 

Les questions du public ont porté sur la façon qu’ils transigent entre leurs valeurs personnelles et celles de leur parti ainsi que sur le chef du Parti conservateur Pierre Poilievre.

Le débat complet