Festival Promutuel de la Relève : une fierté pour le Thetfordois Kieran Pasch

À 19 ans, Kieran Pasch n’en sera pas à sa première présence au Festival Promutuel de la Relève de Thetford. Après y avoir performé à plusieurs reprises pendant ses années au secondaire et au cégep, notamment en première partie de Marc Dupré en 2024 aux côtés d’Olivier Lamontagne, le jeune auteur-compositeur-interprète vivra cette fois une grande première : présenter un spectacle entièrement composé de ses propres chansons. Il montera sur la scène Loto-Québec le 23 août à 18 h 30 en ouverture de Marie-Annick Lépine et des Trois Accords.

Pour le Thetfordois, il s’agit d’une grande fierté d’avoir été invité à faire la première partie de ces artistes établis sur la scène principale. « C’est le plus gros événement où tu peux jouer à Thetford. C’est un gros festival et je suis vraiment reconnaissant envers l’organisation d’avoir pensé à moi. »

L’artiste prévoit interpréter plusieurs pièces tirées de son premier album Generation Exile. Il envisage également de dévoiler une chanson inédite, en plus d’offrir un medley inspiré de ses principales influences musicales. Son univers s’inspire d’artistes tels que Foo Fighters, Cheap Trick, Stevie Ray Vaughan, Jimi Hendrix et, surtout, son groupe de prédilection, les Beatles.

« Le rock d’aujourd’hui englobe énormément de choses, mais je pense que c’est quand même ce qui décrit le mieux ma musique, avec quelques touches d’alternatif, de blues et de balades. »

Kieran admet ressentir un petit stress à l’idée de monter sur scène, mais il voit cette expérience autant comme un défi que comme un privilège. « C’est un défi, parce qu’il faut bien se préparer, mais c’est surtout une chance incroyable. Je suis un jeune artiste et je ne crois pas qu’en ce moment je pourrais entrer dans d’autres festivals du même genre, surtout pas sur une scène principale. C’est vraiment positif pour moi de pouvoir me produire ici juste après la sortie de mon album. »

Conscient que le public ne sera pas nécessairement présent pour lui, il souhaite tout de même capter l’attention des spectateurs, transmettre son énergie et démontrer ce qu’il peut faire musicalement. Il sera accompagné sur scène par Matis Gilbert à la batterie, Jérémy Brochu à la guitare et Xavier Drouin à la basse.

Kieran garde d’excellents souvenirs de ses passages précédents au festival et il espère bien en ajouter un nouveau cette année. Parmi les moments marquants, il se rappelle l’an dernier, lorsque son ami Olivier Lamontagne lui avait permis d’interpréter l’une de ses compositions, Runaway.

« Je l’ai jouée juste avant que Marc Dupré monte sur scène. Il était dans les coulisses et il a vraiment aimé la chanson. Il pensait que c’était une reprise d’un autre artiste. Il ne croyait pas que c’était moi qui l’avais écrite. J’étais tellement ému quand il m’a dit ça. Encore aujourd’hui, je souris chaque fois que j’y repense. »

Une plongée introspective

Kieran Pasch décrit Generation Exile comme une introspection dans sa vie personnelle et les bouleversements du monde actuel. « En l’écrivant, je me suis tourné vers ce que je vivais. Par exemple, Runaway parle du besoin de fuir ses problèmes. D’autres chansons évoquent une peine d’amour, ma copine et la quête de reconnaissance de soi. Je voulais écrire à la deuxième personne, raconter une histoire, mais ça reste un album très personnel. J’aborde aussi ce que ma génération vit en ce moment avec tout ce qui se passe dans le monde. On a l’impression que ça n’arrête jamais. »

L’écriture s’est déroulée naturellement, a-t-il dit. En tant qu’artiste indépendant, le véritable défi a plutôt été de choisir une direction artistique claire et de sélectionner les pièces qui correspondaient à sa vision. Il considère Generation Exile comme un album à la fois versatile sur le plan sonore et riche en diversité d’une chanson à l’autre. Bien qu’il affectionne l’ensemble des titres, Resting Easy occupe une place particulière dans son cœur, puisqu’elle lui rappelle son père, décédé subitement alors qu’il n’avait que 15 ans.

« Ça faisait un moment que je cherchais une manière de lui rendre hommage en écrivant une chanson qui représentait bien sa vie, mais c’était toujours quelque chose de quétaine que je n’aimais pas. Un soir, j’étais assis dans ma chambre de musique et j’ai pensé à une progression d’accords. J’ai commencé à chanter par-dessus. Je l’ai créée sans réaliser qu’elle parlait de mon père. Je m’en suis rendu compte lorsqu’elle était terminée. C’était comme si je l’avais écrite de son point de vue, en mettant en mots des choses qu’il n’aurait jamais pu dire de son vivant. C’est la première chanson que j’ai écrite pour l’album. »

Generation Exile a été enregistré au Studio Momentum, à Drummondville, en collaboration avec Jérôme Boisvert. Kieran a pu compter sur la participation de son batteur, Matis Gilbert. Tout au long du processus, il a pu bénéficier de l’avis de ses proches, notamment de sa mère, sa première critique depuis toujours, ainsi que de son oncle et de sa copine.

Il a également mentionné le soutien précieux de Vincent Vachon, directeur général du Festival de la Relève, ainsi que d’André Gagnon, directeur général de Diffusion TRAM. Il a d’ailleurs eu l’occasion en mai de lancer son album sur la scène de la salle Dussault. « André [Gagnon] a vraiment été super. J’avais commencé à faire des premières parties, comme celle de Michel Pagliaro, à la salle Dussault. C’est alors qu’André m’a proposé d’y faire le lancement de mon album puisque TRAM offre cette opportunité aux jeunes artistes. J’ai accepté tout de suite, même si c’était en fin de session. Le groupe et moi avons beaucoup travaillé, mais ce fut une expérience extraordinaire et tout s’est très bien passé. »

De la scène étudiante à l’écriture

Né un 23 décembre à Châteauguay [presqu’une référence à Beau Dommage], Kieran Pasch a habité à divers endroits sur la Rive-Sud de Montréal avant d’arriver à Thetford Mines à l’âge de dix ans. La musique a toujours fait partie de sa vie, a-t-il souligné. « On m’a dit que, même bébé, je chantais tout le temps. Pour ce qui est de jouer vraiment de la musique, j’ai commencé vers l’âge de dix ans. Il y a quelques musiciens dans la famille de ma mère, dont mon grand-père, et elle-même a déjà joué quand elle était jeune. Au début, ça ne m’a pas tout de suite passionné. Je préférais dessiner. C’est vraiment au secondaire que j’ai eu la piqûre et je n’ai jamais arrêté depuis. »

Kieran attribue à une enseignante en musique à la Polyvalente de Black Lake, Cindy Lemay, une influence positive sur son développement musical. Il a commencé par apprendre des chansons, puis, après la pandémie, il s’est joint à des groupes. Il a également participé à plusieurs éditions de Secondaire en spectacle et de Cégeps en spectacle, où il a continué à affiner son style. Ce n’est que l’année dernière qu’il s’est mis à écrire ses propres chansons. Il espère que sa participation au Festival Promutuel de la Relève pourra être un tremplin pour la suite.