Jour 30 de la campagne: Fiona attire des chefs de parti aux Îles-de-la-Madeleine

Jocelyne Richer, La Presse Canadienne
Jour 30 de la campagne: Fiona attire des chefs de parti aux Îles-de-la-Madeleine

QUÉBEC — La tempête Fiona, qui a laissé derrière elle des scènes de dévastation aux Îles-de-la-Madeleine et en Gaspésie, a également eu un impact sur la campagne électorale, lundi, bousculant les horaires des chefs.

Le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, s’est rendu aux Îles-de-la-Madeleine, lundi matin, pour constater les dégâts et apporter son soutien aux personnes sinistrées, et le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a fait de même en après-midi, allant à la rencontre des sinistrés. La cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ), Dominique Anglade, s’y rendra samedi, de même qu’en Gaspésie, avant de faire un détour par le Grand-Nord, dimanche et terminer la journée à Montréal. 

Le porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a estimé quant à lui que les Madelinots n’avaient pas besoin ces temps-ci de la visite de politiciens, «mais de toute l’aide nécessaire». 

Le chef péquiste avait une raison de plus pour se rendre là-bas: la circonscription des Îles-de-la-Madeleine est une de celles appartenant au Parti québécois, représentée par Joël Arseneau, qui l’a emporté de justesse avec 15 votes de majorité en 2018. M. Arseneau affrontera cette fois son éternel rival, le maire des Îles-de-la-Madeleine, Jonathan Lapierre, qui porte les couleurs de la CAQ.

En mêlée de presse, le chef péquiste a souligné l’importance «de faire la liste des suivis» nécessaires pour s’assurer que les Madelinots sinistrés seront indemnisés rapidement et convenablement.

François Legault a pour sa part promis 100 millions $ supplémentaires pour lutter contre l’érosion des berges, mais il a refusé de garantir aux Îles-de-la-Madeleine une part précise de ce montant, même si l’archipel vient d’être violemment frappé par une tempête post-tropicale.

En conférence de presse sur place lundi, il a pourtant reconnu qu’il est plus pressant d’agir aux Îles, particulièrement exposées aux effets néfastes des changements climatiques.

Duhaime s’en prend à la CAQ

À Laval, le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, a préféré faire un point de presse portant sur une dizaine de promesses électorales brisées du gouvernement Legault, durant son premier mandat.

Comme l’ont fait avant lui Dominique Anglade et Paul St-Pierre Plamondon, M. Duhaime a affiché son inquiétude devant la perspective de voir François Legault obtenir une majorité écrasante le soir du 3 octobre, laissant des miettes aux partis d’opposition, un scénario relayé sondage après sondage. 

Si jamais M. Legault obtenait une majorité encore plus importante qu’en 2018, il faudrait s’attendre à voir encore davantage de promesses électorales brisées, selon lui. «Ce serait quelque chose d’assez indécent merci», a-t-il dit, estimant que le gouvernement caquiste avait «rompu les principaux engagements pris envers la population» durant son premier mandat, qu’il s’agisse de la construction du troisième lien entre Québec et Lévis, de la réforme du mode de scrutin ou d’un meilleur accès à un médecin de famille et aux soins de santé, notamment.   

M. Duhaime, soucieux de favoriser un taux de participation plus élevé qu’en 2018, alors qu’il plafonnait à 66 %, a dit souhaiter que le portrait de la nouvelle Assemblée nationale qui émanera de l’élection du 3 octobre sera «le plus représentatif de la volonté des Québécois» et non un portrait qui «déforme la réalité démocratique du Québec».

Selon divers sondages, la force de la CAQ est telle que le mode de scrutin actuel pourrait faire en sorte que le PCQ ne réussisse pas à faire élire un seul député, même s’il obtient environ 15 % du vote populaire.  

Pour être reconnu à l’Assemblée nationale, un parti doit avoir récolté au moins 20 % d’appui populaire ou avoir fait élire au moins 12 députés. 

La cheffe libérale était à Montréal lundi matin pour annoncer qu’un éventuel gouvernement Anglade investirait 4 milliards $ dans les écoles, pour les rénover, en construire de nouvelles et assurer la qualité de l’air présente dans ces établissements.

Les libéraux seraient par ailleurs mieux préparés à affronter une éventuelle récession économique que la CAQ, selon Mme Anglade, qui mène sa campagne à toute vapeur. La cheffe libérale estime que son parti est plus apte à anticiper les soubresauts de l’économie que la CAQ et que ses mesures sont mieux adaptées parce qu’elles sont récurrentes.

Députée de Saint-Henri-Sainte-Anne, à Montréal, Mme Anglade n’est pas sûre d’être réélue le 3 octobre, si on se fie aux sondages. Le porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a fait campagne lundi pour la quatrième fois dans Saint-Henri-Sainte-Anne, où il croit que QS a de bonnes chances de l’emporter et de détrôner la cheffe libérale.

Pour séduire les électeurs, Québec solidaire (QS) s’est engagé lundi à bonifier de 100 $ par enfant de moins de 18 ans l’allocation famille, si le parti de gauche est porté au pouvoir.

Une candidate met QS dans l’embarras

La candidate solidaire dans Camille-Laurin, où se présente le chef péquiste, a mis son parti dans l’embarras avec une vidéo la montrant en train de remplacer un feuillet publicitaire du PQ par un feuillet de QS dans une boîte aux lettres. La candidate, qui est avocate, Marie-Ève Rancourt, penaude, a présenté ses excuses au chef péquiste, après la mise en ligne de la vidéo compromettante sur les réseaux sociaux.  

La candidate solidaire a été captée par une caméra de surveillance en train de retirer ce qui semble être une publicité du PQ alors qu’elle faisait du porte-à-porte.

Puis en début de soirée vendredi, on apprenait que Marie-Eve Rancourt retirait sa candidature dans la circonscription de Camille-Laurin. «Manon (Massé) et moi avons accepté cette décision», a écrit Gabriel Nadeau Dubois sur sa page Twitter. 

Plus tôt, M. St-Pierre Plamondon soutenait que les excuses de Mme Rancourt ne suffisaient pas. Il affirmait qu’elle s’était ainsi rendue inapte à demeurer candidate. Il a qualifié le geste d’«immoral et antidémocratique». 

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