L’ancien chef de cabinet de Jean Chrétien, Eddie Goldenberg, est mort
OTTAWA — Eddie Goldenberg, qui a occupé le poste de chef de cabinet de l’ancien premier ministre Jean Chrétien, est décédé. Il avait 77 ans.
Un communiqué de Randy Pettipas, président et directeur général de Global Public Affairs, l’entreprise où travaillait M. Goldenberg, indique que ce dernier est décédé «à l’issue d’un combat acharné contre le cancer».
M. Chrétien a dit jeudi dans une déclaration écrite qu’il avait perdu un «ami cher» et que le pays avait perdu un «grand homme» du service public.
«La loyauté et l’engagement personnels sans faille dont Eddie a fait preuve à mon égard pendant de nombreuses années sont des qualités pour lesquelles je lui serai toujours profondément reconnaissant. Mais ce qui importait encore davantage, c’était son amour profond pour le Canada», a déclaré M. Chrétien.
«Il s’est battu pour préserver son unité et a travaillé d’arrache-pied pour l’améliorer. C’était là sa véritable source d’inspiration. Certains recherchent la gloire ou la richesse. Eddie cherchait à faire de notre pays un endroit meilleur — pour tous ses citoyens», a-t-il poursuivi.
L’ancien premier ministre a déclaré que le Canada avait une dette envers M. Goldenberg pour son action au service de la fonction publique, notamment pour sa contribution au rapatriement de la Constitution dans les années 1980, son travail visant à rétablir la santé financière du pays dans les années 1990 et son engagement en faveur de l’investissement dans «les cerveaux et les talents» des jeunes dans les années 2000.
Originaire de Montréal, M. Goldenberg était avocat de formation et a occupé pendant dix ans le poste de conseiller politique principal auprès de M. Chrétien avant d’être finalement nommé chef de cabinet du premier ministre.
M. Goldenberg a contribué à la rédaction de la Charte des droits et libertés et a été nommé dans l’Ordre du Canada en 2014 pour ses décennies de service public.
Il était considéré comme un pilier du Parti libéral du Canada.
Le premier ministre Mark Carney a déclaré jeudi sur les réseaux sociaux que, pendant des décennies, M. Goldenberg avait servi le Canada «grâce à sa force intellectuelle, à son discernement et à son dévouement exceptionnels».
«Par son rôle au cœur du gouvernement, il a contribué à façonner le Canada tel que nous le connaissons aujourd’hui, qu’il s’agisse de sa participation à l’élaboration de la Charte canadienne des droits et libertés ou de ses efforts visant à définir une nouvelle orientation économique pour le pays au début des années 1990, a-t-il écrit. Ceux qui ont connu Eddie peuvent témoigner non seulement de la force de son esprit, mais aussi de la générosité de ses conseils, de sa loyauté envers ses collègues et de son engagement inébranlable envers son pays.»
«J’adresse mes plus sincères condoléances à ses proches et à tous ceux qui ont eu le privilège de travailler avec lui.»
L’ancien premier ministre de l’Alberta Jason Kenney, qui fut aussi un ministre fédéral conservateur, a écrit sur les réseaux sociaux qu’il était attristé par le décès soudain de son ami et ancien collègue.
«Eddie était un patriote canadien qui a consacré la majeure partie de sa vie au service public, a écrit M. Kenney. Nous avions des convictions et des allégeances politiques différentes, mais nous partagions un véritable respect mutuel, une amitié sincère et un amour commun pour le Canada.»
Selon M. Pettipas, M. Goldenberg est resté actif auprès de ses clients, notamment en collaborant avec l’ancien gouverneur général David Johnston pour attirer des chercheurs au Canada, et ce, jusqu’aux derniers mois de sa vie.
«Eddie Goldenberg aimait le Canada. Il aimait toute sa richesse, tous ses habitants et toutes ses régions – d’un océan à l’autre, et même au-delà. Il était le premier à reconnaître à quel point nous avons de la chance d’être Canadiens», a indiqué M. Pettipas dans le communiqué.
Bruce Heyman, ancien ambassadeur des États-Unis au Canada, a déclaré que M. Goldenberg avait une façon unique de jeter des ponts entre le monde de la fonction publique et celui des affaires.
«Tout au long de ces années, il a toujours été profondément passionné par le Canada en tant que pays. Quant au gouvernement canadien et à l’orientation qu’il prenait… il n’hésitait pas à s’exprimer et à faire entendre sa voix», a souligné M. Heyman lors d’un entretien accordé à La Presse Canadienne.
«Rares sont les dirigeants qui, au fil du temps, ont su réunir ainsi la fonction publique, le monde des affaires et la philanthropie au sein de la société, et il incarnait en grande partie cela», a-t-il poursuivi.
M. Heyman a précisé qu’il ne serait pas chef de la direction de Power Sustainable, une entreprise fondée par le petit-fils de M. Chrétien, Olivier Desmarais, sans la recommandation de M. Goldenberg.
M. Heyman a ajouté qu’il avait tiré de nombreux enseignements de M. Goldenberg en matière de politique publique et de gestion d’entreprise, le plus important étant d’écouter et de poser beaucoup de questions.
«Il réfléchissait mûrement à la manière d’aborder des questions plus complexes que certaines personnes auraient pu juger hâtivement. Il ne portait jamais de jugement précipité. Il prenait le temps de réfléchir aux enjeux, puis formulait des recommandations tout en restant ouvert au dialogue et au débat à leur sujet», a déclaré M. Heyman.
