Le gouvernement de la N.-É. et le syndicat des soins de longue durée dans une impasse

HALIFAX — Le syndicat représentant le personnel des établissements de soins de longue durée en Nouvelle-Écosse et le gouvernement provincial restent dans l’impasse alors que la grève en est à son 27e jour.

Taylor Johnston, porte-parole du SCFP, indique que lorsque les négociations ont repris jeudi, le gouvernement provincial est revenu à la table des négociations avec la même offre pour la cinquième fois.

Elle a précisé que le seul ajustement apporté par la province consistait à ajouter une année avec une augmentation de 1,5 %, soit une hausse de 2 $ l’heure pour les personnes gagnant moins de 23 $ l’heure, en 2028.

«Ces 2 $ porteraient le salaire de nos travailleurs les moins bien payés à 23,57 $ d’ici la fin de l’entente proposée… C’est inférieur au salaire minimum vital estimé dans la province actuellement, et ce sera encore plus en 2028», a déclaré Mme Johnston samedi.

Les conventions collectives de ces travailleurs ont expiré en octobre 2023.

Selon Mme Johnston, compte tenu du fait que la province a l’habitude de conclure des ententes sur les soins de longue durée bien après leur expiration, il est probable que les travailleurs soient contraints de conserver ces salaires au-delà de 2028.

Parallèlement, Barbara Adams, ministre chargée des personnes âgées et des soins de longue durée, a publié vendredi soir un communiqué indiquant que la proposition du syndicat «n’est pas réalisable».

«L’offre salariale sur la table a déjà été acceptée par les employés de 29 établissements de soins de longue durée syndiqués, ainsi que par les employés des services de soins à domicile et des hôpitaux», a indiqué Mme Adams.

Elle a précisé que le gouvernement offre des augmentations salariales d’au moins 12 % sur quatre ans, tandis que certains travailleurs bénéficieraient d’augmentations allant jusqu’à 24 %. Une augmentation de 70 % des primes de quart et de fin de semaine est également prévue.

L’offre comprend aussi des fonds pour la mise en place d’un régime de retraite à prestations déterminées pour les travailleurs des établissements qui n’offrent pas actuellement cet avantage.

Mme Johnston a conclu en affirmant que l’offre actuelle de la province ne répond pas aux besoins des membres. «Il y a 3100 travailleurs répartis dans 32 établissements, et 2 autres devraient se joindre au mouvement la semaine prochaine. Ils manifestent désespérément auprès du gouvernement, affirmant qu’ils ne peuvent pas vivre avec leurs salaires actuels, tandis que la ministre Adams persiste à répéter les mêmes arguments», a-t-elle commenté.

Les services essentiels sont maintenus, mais de nombreux physiothérapeutes, ergothérapeutes et récréothérapeutes ne se sont pas présentés au travail depuis le début de la grève le 13 avril.

Parmi les autres travailleurs en grève figurent des infirmières, des aides-soignants en soins de longue durée et du personnel d’entretien.

Deux autres établissements du Cap-Breton devraient se joindre à la grève la semaine prochaine.

Des familles de résidents ayant besoin de soins de longue durée témoignent que la grève, qui dure depuis près d’un mois, a entraîné une diminution des bains, une augmentation des chutes et des modifications des régimes alimentaires pour leurs proches.

Chris Driscoll, dont la mère réside à la résidence St. Vincent à Halifax, a dit vendredi que les employés travaillant en vertu d’ententes sur les services essentiels font tout leur possible pour assurer la continuité des soins, mais que les familles doivent encore pallier les carences. Sa famille essaie d’assurer la présence de quelqu’un à domicile pour les repas, en apportant des aliments et des boissons supplémentaires, car sa mère a besoin d’aide pour manger et ne reçoit plus de pouding protéiné en complément.

«Les résidents paient pour être présents, mais leurs enfants, qui travaillent encore à temps plein, doivent aussi venir plus souvent pour pallier les absences», a souligné M. Driscoll dans un message texte envoyé à La Presse Canadienne vendredi.