Mort de Nooran Rezayi: 11 jeunes font l’objet d’accusations criminelles

MONTRÉAL — Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a indiqué que 11 jeunes ont été visés par des accusations criminelles dans le cadre de son enquête parallèle sur les événements qui ont précédé la mort du jeune Nooran Rezayi, qui a été abattu par un policier de Longueuil en septembre dernier.

Des 11 suspects, 5 ont été arrêtés en vertu d’un mandat visé et 6 autres sont accusés par voie de sommation, a indiqué l’inspecteur du SPVM David Shane, lors d’une conférence de presse à Montréal, mardi.

Les chefs d’accusation varient d’un individu à l’autre. «Ils comprennent notamment: complot d’enlèvement, complot de séquestration, complot de voies de fait, port d’un déguisement dans un dessein criminel, possession d’armes dans un dessein dangereux, attroupement illégal et non-respect de diverses ordonnances», a énuméré l’inspecteur qui est également porte-parole du SPVM.

«On parle de complot, mais il n’y a aucune accusation qui relève d’avoir blessé une personne», a précisé M. Shane.

Les accusés comptent quatre jeunes hommes et sept adolescents. Ceux-ci étaient toutefois mineurs au moment des faits.

Ils comparaîtront devant la Chambre de la jeunesse de la Cour du Québec à la fin août, début septembre.

En février, le SPVM a indiqué qu’il avait effectué des perquisitions à plusieurs endroits sur la Rive-Sud de Montréal, notamment à Belœil, Brossard, Candiac, Longueuil et Saint-Philippe.

Une enquête parallèle

Nooran Rezayi a été abattu lors d’une intervention policière controversée le 21 septembre dernier dans l’arrondissement Saint-Hubert, à Longueuil. Il était âgé de 15 ans.

Lors de cet après-midi du 21 septembre, les agents du Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) répondaient à un appel au 911 concernant un groupe de jeunes potentiellement armés dans un lieu public.

Le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) a mené l’enquête sur l’intervention policière en soi, tandis que le SPVM s’est vu confier le mandat de se pencher sur les événements qui ont précédé celle-ci.

«C’est vraiment deux dossiers qui ont évolué en parallèle», a répondu M. Shane.

En anglais, il a expliqué que le BEI avait des informations qui lui faisaient croire qu’une enquête était nécessaire sur les événements précédents l’intervention de la police de Longueuil.

Or, le BEI n’a pas le mandat de mener ce type d’enquête, car son rôle est de surveiller le travail des policiers de manière indépendante.

L’inspecteur a également affirmé que les enquêteurs n’ont pas rencontré les policiers du SPAL dans le cadre de leur travail.

Pas de réponses sur le décès Nooran Rezayi

L’avocat de la famille de Nooran Rezayi, Fernando Belton, estime que la conclusion de l’enquête du SPVM n’apporte pas un nouvel éclairage sur les circonstances du décès de l’adolescent.

«À notre sens, ce n’est pas pertinent pour déterminer si l’action des policiers au moment du décès de Nooran était fautive ou pas», a-t-il dit dans une brève entrevue.

Le BEI a remis, en mars dernier, son rapport au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), qui analyse le dossier. Le rapport n’a pas été rendu public.

«La famille est encore en attente de recevoir des réponses à leurs questions», a dit Me Belton.

Selon les premières informations dévoilées par l’organisme indépendant de surveillance de la police du Québec, la seule arme à feu saisie sur les lieux appartenait à un policier.

Au début du mois, le ministre de la Sécurité intérieure, Ian Lafrenière, a déclenché une enquête administrative en lien avec l’intervention policière du SPAL. La mairesse de Longueuil, Catherine Fournier, avait fait cette demande en décembre dernier.

L’enquête porte «exclusivement» sur ce qui s’est passé entre le moment où survient la mort tragique de Nooran Rezayi et l’arrivée des enquêteurs du BEI.

Le BEI avait rabroué le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) pour avoir attendu trop longtemps – 1 heure et 36 minutes – avant de l’informer du décès de l’adolescent aux mains de ses policiers.

– Avec des informations de Morgan Lowrie