Les Filons baseball prennent officiellement leur envol
Après plus de trois années de travail et de préparation, le nouveau programme baseball civil des Filons du Cégep de Thetford a officiellement pris son envol au cours des dernières semaines avec la tenue de ses premiers matchs. Le 27 septembre, l’équipe a disputé une première rencontre locale au stade Desjardins. Avec l’ajout du baseball, les Filons comptent désormais 18 équipes dans dix disciplines sportives.
En entrevue avec le Courrier Frontenac, quelques jours avant la première partie locale, le coordonnateur des programmes sportifs, Anthony Croteau-Leblanc, soulignait la fébrilité qui gagnait l’ensemble des personnes ayant contribué à la mise sur pied du programme à l’approche de ce moment. « On travaille concrètement sur ce projet depuis l’automne 2023. Ce n’est plus juste un rêve. […] On est surtout très heureux de la posture dans laquelle on se trouve actuellement. On n’est jamais satisfaits, dans le sens où, en toute humilité, on a faim et on veut constamment s’améliorer », a-t-il souligné.
Plusieurs défis ont dû être surmontés afin d’en arriver là. « C’est le cas dans tout projet. Au début, c’est toute la structure en elle-même. Est-ce qu’elle se tient? Est-ce que c’est viable? Quand on évaluait la faisabilité, on voyait que dans les dix dernières années, le nombre de joueurs et de joueuses de baseball avait doublé au Québec. C’était l’une de nos prémisses de se dire que le sport est en santé. »
La réalisation du Complexe sportif Desjardins aura finalement permis de concrétiser le projet. Le début des travaux en 2024, suivi de l’inauguration en 2025, a confirmé la possibilité d’un programme de baseball. « Nous avons le stade Desjardins et son terrain de qualité, mais ce qu’on voulait, c’était une équipe qui puisse s’entraîner à l’année. On ne voulait pas être limités à neuf semaines à l’automne. Pour cela, ça nous prenait le complexe intérieur », a expliqué M. Croteau-Leblanc.
Recrutement des entraîneurs et des joueurs
Le recrutement du personnel d’entraîneurs a également représenté un défi de taille, a noté le coordonnateur. Au-delà de la disponibilité, le Cégep souhaitait pouvoir compter sur des personnes qui adhèrent aux valeurs de l’organisation et qui seraient en mesure d’accompagner adéquatement les étudiants-athlètes.
La nouvelle équipe bénéficie de l’expertise d’un personnel d’entraîneurs qui connaît bien le baseball de haut niveau. L’entraîneur-chef René-Dave Pelchat est le fondateur du programme sport-études baseball en Beauce. Il est également directeur général du Cactus de Victoriaville et poursuit sa carrière comme lanceur avec cette équipe. Il est épaulé par Rylan Sandoval, qui a évolué jusqu’au niveau AAA dans l’organisation des Mets de New York, aussi entraîneur du Cactus de Victoriaville, ainsi que par Jean-Michel Bédard de l’Unicanvas de Thetford.
Le travail s’est ensuite poursuivi avec le recrutement afin de former la première cohorte. La majorité des 22 joueurs proviennent de la grande région de Québec, mais aussi de plusieurs régions, soit de Gatineau, de Rivière-du-Loup, de Victoriaville et de Shawinigan. Trois d’entre eux, Natan Audit, Adam Rodrigue et Elliott Thivierge, sont originaires de Thetford Mines.
La majorité des joueurs sont issus de programmes sport-études. Certains possèdent déjà une expérience importante du baseball de haut niveau, notamment Félix Lebrun et Noah Fortin, qui ont évolué au niveau junior élite, ainsi que Samuel-Édouard Bélanger, Jules Bourassa et Charles-Antoine Gagnon, issus du niveau midget AAA. L’équipe compte également dans ses rangs Kyanna Faucher, membre de l’équipe nationale canadienne de baseball.
« Le recrutement s’est fait de façon assez naturelle. J’ai contacté les autres programmes sport-études et on a pu présenter notre programme aux finissants. Il y en a aussi qui ont vu les publicités qui étaient sur la page du Cégep de Thetford et qui sont entrés en contact avec nous », a raconté René-Dave Pelchat.
Deux journées d’évaluation ont également été organisées, attirant environ 35 joueurs lors de la première, à la fin de 2025, et une vingtaine en janvier 2026. « Il y avait de l’engouement et beaucoup de questions auxquelles l’équipe en place a pu répondre, a poursuivi l’entraîneur. C’est ça, la beauté des Filons, je n’étais pas tout seul là-dedans. C’est vraiment un beau travail d’équipe. »
Une trentaine de matchs
L’équipe a choisi de ne pas intégrer le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ). Cette formule lui permet de bâtir un calendrier sur mesure et d’affronter des programmes de différents niveaux et de différentes régions. Les 31 rencontres, échelonnées de septembre à avril, comprennent 16 matchs aux États-Unis, huit en Ontario et sept au Québec.
Il n’a toutefois pas été possible d’organiser davantage de matchs locaux pour cette première saison puisque la majorité des programmes avaient déjà confirmé leurs sorties à l’extérieur. La partie du 27 septembre était la seule cette saison. Les discussions se sont néanmoins révélées positives avec plusieurs équipes, laissant entrevoir la possibilité de les accueillir à Thetford dès l’an prochain pour des rencontres au stade Desjardins.
« L’objectif est de bâtir des relations de confiance avec les programmes de l’Ontario ou même des États-Unis que nous allons visiter. Ça peut aussi nous permettre de découvrir d’autres programmes auxquels on pourrait être référés. Présentement, on compétitionne bien avec eux, donc ça leur donne aussi un intérêt à venir jouer chez nous par la suite », a affirmé René-Dave Pelchat.
Du côté de Thetford, un autre défi consiste à composer avec le calendrier des différentes équipes des Filons et à éviter que plusieurs événements aient lieu simultanément. L’offre sportive qui se développe représente en effet un beau casse-tête. « Les annonceurs, les responsables de la musique, les marqueurs ou les statisticiens, ce sont des locaux qui ont le T tatoué sur le cœur. On n’en a pas 50 non plus, d’où l’importance d’une saine gestion », a mentionné Anthony Croteau-Leblanc.
Le calendrier a de plus été élaboré en tenant compte des périodes importantes de la session collégiale. « Ça rentre dans le triple projet, qui est la quête de l’excellence et de l’équilibre dans trois sphères : les études, le sport et le développement personnel et social », a-t-il précisé.
Le développement des étudiants-athlètes
Les objectifs collectifs de la formation pour cette année visent par ailleurs à compétitionner et à démontrer que les Filons peuvent rivaliser. « On va en perdre des matchs, on ne les gagnera pas tous, évidemment, mais l’objectif est de montrer qu’on est des compétiteurs fiers et qu’on ne fait pas que jouer des matchs pour jouer des matchs », a soutenu René-Dave Pelchat.
L’entraîneur souhaite accompagner les étudiants-athlètes vers le prochain niveau correspondant à leurs objectifs, que ce soit le baseball junior élite, le niveau universitaire ou, simplement, la fin de leur parcours sportif afin de se concentrer sur leurs études. Le fait que ce soit un programme civil permet également aux joueurs de profiter d’une visibilité accrue, notamment grâce aux rencontres disputées aux États-Unis.
Bien que les Filons baseball ne fassent pas partie du RSEQ, les responsables du programme ont décidé de respecter les règles d’éligibilité du réseau. Cette décision est fidèle à la philosophie de l’établissement du triple projet, a renchéri Anthony Croteau-Leblanc. « On a des objectifs sportifs, c’est sûr, mais si le baseball leur permet de rester motivés et de poursuivre des études supérieures, ce sera un succès. »
Le défi du baseball collégial
Kyanna Faucher et Justin Bolduc sont deux des joueurs ayant choisi le Cégep de Thetford afin de poursuivre à la fois leur développement sportif et leurs études.
Kyanna est d’ailleurs la seule fille de la formation, elle qui possède une impressionnante feuille de route dans le baseball. La joueuse d’avant-champ et lanceuse originaire de Tring-Jonction a commencé à pratiquer ce sport à l’âge de quatre ans et a évolué avec les garçons dans les catégories AA jusqu’au niveau bantam, avant de joindre des équipes féminines par la suite. Depuis ses débuts, elle a pris part à six championnats canadiens. Cet été, elle a même participé aux qualifications de l’équipe nationale en vue de la Coupe du monde.
Originaire de Saint-Lambert-de-Lauzon, Justin Bolduc évolue pour sa part dans le baseball depuis l’âge de six ans. Il a joué quelques années dans la catégorie AA et a participé à un championnat canadien ainsi qu’à deux championnats provinciaux. Fils de l’ancien entraîneur et joueur des Blue Sox et actuel directeur général de l’Unicanvas, Dominic Bolduc, le joueur de champ et lanceur connaissait déjà bien la ville. Il était donc tout naturel pour lui de choisir le Cégep de Thetford afin de poursuivre son développement.
Le fait que le programme propose une équipe civile présente certains avantages selon eux, notamment en ce qui concerne les matchs disputés à l’extérieur de la province. « Je crois que pour les meilleurs joueurs, ils pourront se faire remarquer aux États-Unis et en Ontario. Ça permet aussi de se mettre au défi contre différents programmes et de meilleurs opposants », a indiqué Justin.
La qualité du terrain du stade Desjardins, tout comme les installations du Cégep de Thetford, constitue un avantage selon eux. » La salle de musculation et le fait qu’on ait accès à une cage de frappeurs 7 jours sur 7, ça nous permet de revenir le soir, par exemple, pour frapper plus de balles. Je trouve ça vraiment incroyable « , a-t-il soutenu.
La proximité du terrain du stade Desjardins est aussi un atout, a ajouté Kyanna. De plus, le complexe intérieur leur permettra de poursuivre leur entraînement durant l’hiver.
Les deux joueurs apprécient leur expérience jusqu’à maintenant, notamment en raison de la bonne chimie qui règne au sein de la formation. « Même si on tire de l’arrière, on est capables de revenir et d’aller chercher le meilleur de tout le monde. Je pense que grâce à cela, on sera capables d’être une équipe compétitive », a affirmé Kyanna.
Parmi ses objectifs personnels, cette dernière souhaite avant tout continuer à se développer. « C’est différent du féminin, où la balle arrive moins vite, mais ce sera juste un petit ajustement à faire. »
De son côté, Justin espère bien remporter plusieurs matchs. « Je suis assez compétitif et j’haïs ça perdre! […] Sinon, personnellement, je ne suis pas au niveau que je voudrais être en ce moment, donc ce serait de continuer à me pratiquer pour un jour peut-être être l’un des meilleurs de cette équipe. »
