Michel Simard tire sa révérence après 15 saisons à Thetford : « une fierté d’y avoir joué »
Après 15 saisons dans la Ligue de baseball majeur du Québec (LBMQ) avec les Blue Sox et l’Unicanvas de Thetford, le lanceur Michel Simard met fin à sa carrière en raison d’une blessure à l’épaule qui le force à accrocher ses crampons. L’artilleur, qui a sans doute été le joueur le plus populaire de la jeune histoire de la concession thetfordoise, en a fait l’annonce lors du lancement de la saison 2026 de l’équipe le 23 avril dernier.
Texte de Pierre Nadeau
L’émotion était palpable quand il a pris le micro pour confirmer sa retraite du baseball. « De me retrouver à Thetford devant les membres de l’organisation et des partisans, ça m’a rendu émotif. C’est une ville où j’ai passé mes 15 derniers étés et pour laquelle j’ai une fierté d’y avoir joué », a mentionné celui qui a cumulé 84 victoires, 32 revers et deux matchs sauvegardés avec une moyenne de points mérités de 3,64 et 938 retraits au bâton en 870 manches sur la butte.
L’athlète de 44 ans ne voulait pas que ça se termine de cette façon. « C’est ça qui me fait le plus de peine, dit-il. J’aurais voulu décider moi-même du moment que ça allait arrêter, mais je n’avais pas le choix. Ma saison l’an passé, jusqu’au moment où j’ai arrêté, était désastreuse et je n’étais plus capable de performer à la hauteur des critères que je me suis toujours fixés. »
Il a gardé espoir jusqu’à la toute fin, même après avoir dû mettre un terme prématuré à sa saison. « J’espérais toujours que ce soit quelque chose qui ne soit pas trop grave, que la physiothérapie pourrait peut-être régler ou que ce soit un petit éclat d’os dans mon épaule et qu’avec une incision, on pourrait l’enlever et tout redeviendrait correct. Quand j’ai reçu le diagnostic qui disait que c’était déchiré et que ça ne reviendrait plus jamais, une montée d’émotion est venue me chercher. »
Une carrière de 35 ans
La plus grande fierté de Michel Simard, dont la carrière au baseball s’est échelonnée sur une période de 35 ans, est d’avoir pu y gagner sa vie. « J’ai été repêché par une équipe du circuit majeur et j’ai joué au baseball affilié jusqu’au niveau AA. D’avoir eu ce travail qui est le plus bel emploi au monde, je suis très fier de cet accomplissement, même si ça n’a duré que quatre ans. Il y a tellement de belles choses que ce sport m’a permis de vivre. C’est pour ça que je vis ça aujourd’hui avec tristesse », avoue celui qui a été un choix des Angels de Los Angeles (de la Californie à l’époque) en 2002.
D’ailleurs, un legs qu’il veut laisser aux jeunes, c’est de croire en eux. « Personne n’aurait cru un jour que j’allais me rendre jusque-là et je l’ai fait. Le jeune joueur de baseball qui a ce rêve-là, je lui dis d’aller jusqu’au bout. De faire tout ce qui est possible pour y arriver et d’y croire parce que c’est possible. »
Un autre legs qu’il veut laisser, c’est le désir de gagner. « J’ai eu la chance de remporter beaucoup de championnats. J’étais un gars qui voulait gagner et qui réussissait à le faire avec des coéquipiers incroyables et j’en suis très fier. »
Parlant de championnats, le numéro 32 en revendique une quinzaine avec des équipes du baseball mineur à Charlesbourg, les Alouettes de l’endroit dans le junior, les Capitales de Québec et, bien entendu, les Blue Sox de Thetford. De tous ces titres, celui de 2019 avec les Sox demeure le plus marquant. « On a joué trois séries de sept rencontres. On a gagné la finale à Shawinigan, ce qui marquait le dernier match de Dominic Bolduc comme entraîneur-chef. »
Il ne peut passer sous silence les cinq championnats en ligne entre 2012 et 2016. « On a accompli quelque chose d’incroyable collectivement. Le niveau d’émotions qu’on vivait à chaque série, c’était exceptionnel. De l’extérieur, ça ne paraissait peut-être pas, mais de l’intérieur, on sentait qu’on avait l’obligation d’une certaine manière de gagner. Ça nous mettait une pression, mais en même temps, les émotions qu’on vivait, c’était indescriptible », se remémore l’artilleur, dont la fiche en séries dans la LBMQ est de 40 gains, 11 défaites, une partie sauvegardée, une moyenne de points mérités de 3,22 et 388 frappeurs retirés sur des prises en 360 manches.
Pour son après-carrière, Michel Simard n’a pas de projet dans l’immédiat. « Je veux prendre du recul sur tout ça comme joueur. J’ai deux jeunes filles que je veux laisser grandir. Plus tard, peut-être que je voudrai m’impliquer au baseball mineur ou dans un calibre plus élevé, mais pas pour le moment. »
Message aux partisans
Michel Simard a apprécié ses 15 saisons à Thetford et il voulait laisser un message aux partisans. « Ils ont toujours été présents. Quand il nous manquait un petit quelque chose comme un dernier retrait ou le gros coup sûr, ils étaient là pour nous autres. Leur impact et leur présence ont tellement été importants dans les succès des Blue Sox et de l’Unicanvas. Ce sont des partisans incroyables et agréables à côtoyer. »
Il a aussi tenu à souligner le soutien des commanditaires, de la Ville de Thetford et de la fierté qu’il a développée de gagner pour cette ville.
Un hommage lui sera rendu par l’organisation de l’Unicanvas durant la prochaine saison. La date reste à déterminer.
