« Une décision historique » dit Pierre Bolduc, victime de prêtre

« Une décision historique » dit Pierre Bolduc, victime de prêtre
Pierre Bolduc (Photo : Courrier Frontenac - Archives)

THETFORD. Bien qu’il ne faisait pas partie du recours collectif, la décision du juge dans la cause des pères rédemptoristes de Sainte-Anne-de-Beaupré a de quoi réjouir Pierre Bolduc, aussi victime de prêtre.

Jeudi matin, le juge Claude Bouchard rendait son verdit: coupables! Le magistrat jette le blâme sur les pères rédemptoristes qui ont abusé d’élèves au Séminaire Saint-Alphonse de 1960 à 1987. Après quatre ans, les victimes faisant partie du recours collectif, avec Frank Tremblay en tête, ont finalement obtenu gain de cause.

Cette décision réjouit Pierre Bolduc, victime de Jean-Marie Bégin, un prêtre ayant évolué dans la région durant les années 1960 et 1970. Rappelons que cette histoire avait fait l’objet d’un reportage dans le COURRIER FRONTENAC en novembre dernier. M. Bolduc avait subi les sévices sexuels de Bégin, notamment au presbytère de Robertsonville. Au total, quatre victimes de Bégin se sont manifestées jusqu’à maintenant.

« C’est une décision historique pour le Québec. Pour la première fois, la cour a cru les victimes et a reconnu que les congrégations religieuses n’étaient pas sans tache », a soutenu M. Bolduc, à la suite de la décision qui a été rendue.

Après quatre ans de procédures, environ 70 victimes des pères rédemptoristes auront droit à une réparation monétaire. « Ils ont tout fait pour discréditer les victimes. Ils sont même allés fouiller dans leur vie privée. Cependant, cette décision indique que ce ne sont pas eux qui étaient en cause, mais bien les prêtres », a affirmé M. Bolduc, qui espère que cette histoire donnera le courage aux hommes et aux femmes qui ont subi la même chose de sortir de l’ombre.

@ST:Une autre victoire

Le délai de prescription avec lequel se protégeaient les pères rédemptoristes pendant les procédures judiciaires a été jeté du revers de la main par le juge Bouchard, principalement en raison du fardeau de la preuve. Ce délai a été ajusté à 30 ans l’année passée, mais il n’est pas rétroactif.

Pour Pierre Bolduc, c’est une autre victoire puisque cela prouve que dans une histoire comme celle-ci, où les victimes sont si nombreuses, le délai de prescription peut être aboli. Toutefois, dans le cas qui le concerne, puisque Jean-Marie Bégin est décédé depuis près de 20 ans et que le nombre de victimes est plus restreint, il s’agit encore d’un obstacle.

« Pour l’instant, il n’y a pas un avocat qui veut prendre notre cause en raison du délai de prescription. Ce que nous demandons, c’est que le diocèse de Québec le laisse tomber, mais ils ne le feront pas », a-t-il signalé.

Il continuera toutefois son combat afin que le délai de prescription soit aboli au Québec, la seule province au Canada où il existe, afin que les autres victimes et lui puissent un jour avoir réparation pour les sévices qu’ils ont subis.

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