Le chrysotile n’est pas ajouté à la liste des produits dangereux

Le chrysotile n’est pas ajouté à la liste des produits dangereux
Sur cette photo prise à Genève

L’édition 2015 de la conférence de la Convention de Rotterdam, qui se tenait du 12 au 14 mai dernier à Genève, n’aura pas permis d’ajouter le chrysotile à la liste des produits qualifiés dangereux.

Serge Boislard, président du Mouvement pro chrysotile, était sur place où il a constaté que cette rencontre était plutôt devenue une convention antiamiante. «Le fait d’avoir tenté pour une cinquième fois d’inclure la fibre chrysotile à cette liste représente un précédent», affirme-t-il.

Plus de 150 pays et plusieurs organismes non gouvernementaux tels l’Organisation mondiale de la santé, l’Organisation internationale du travail, l’Association internationale du chrysotile, le Mouvement pro chrysotile québécois et des organismes du lobby antiamiante assistaient à cette conférence.

«Il est important de signaler l’influence significative des pays riches sur les pays pauvres. Ainsi, la Communauté européenne, sous l’égide de la France, a créé un fonds spécial de 85 milliards d’euros d’ici 2020 pour le développement économique de 80 pays de l’Afrique, du Pacifique et des Caraïbes. Cet argent sert à développer des appels d’offres, faire des travaux à l’international et à exporter leurs produits dans ces pays en développement ce qui comprend évidemment la promotion de produits et de fibres de remplacement du chrysotile que l’Europe en particulier veut imposer aux pays pauvres. Cette croisade est d’ailleurs très claire pour les pays qui utilisent la fibre chrysotile et pour ceux qui la produisent», explique M. Boislard.

Statu quo

Puisqu’il n’y a pas eu consensus, la Convention de Rotterdam est dans une impasse, et pour la dénouer, un comité intersessions sera formé. «D’ici la prochaine conférence, dans deux ans, les membres de ce comité auront pour mission de réévaluer le processus du protocole de Rotterdam et de faire des recommandations. Il serait primordial de revenir à la base. Actuellement, si on enlève le chrysotile, il n’y a plus rien là. Pourquoi ne parle-t-on pas du radon, qui est pourtant très nocif et des nombreux autres produits dangereux?», questionne-t-il.

Notamment à cause des coûts élevés pour se déplacer, le Mouvement pro chrysotile ne prévoit pas s’impliquer dans ce comité.

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