Parc éolien : 3Ci enterre le projet… pour le moment

Parc éolien : 3Ci enterre le projet… pour le moment
Le projet de parc éolien à Saint-Adrien-d'Irlande a créé beaucoup de remous dans la petite municipalité dans les dernières années.

SAINT-ADRIEN-D’IRLANDE. Le promoteur 3Ci a mis un terme aux ententes signées le liant à plusieurs propriétaires terriens de Saint-Adrien-d’Irlande et de Saint-Jean-de-Brébeuf. Cela signifie la fin, pour l’instant, d’un éventuel projet éolien couvrant ces deux municipalités.

Dans la missive envoyée aux citoyens qui avaient signé un contrat d’option, la compagnie explique sa décision par le ralentissement qui subsiste actuellement dans ce secteur d’activité.

«Le contexte énergétique qui prévaut présentement au Québec amène depuis quelque temps et continue d’amener de l’incertitude sur les échéanciers des nouveaux besoins en approvisionnement d’électricité éolienne. 3Ci met donc temporairement en veilleuse le développement du projet éolien sur lequel nous travaillons depuis quelques années», peut-on lire dans l’une des lettres envoyées en mai.

Selon les contrats signés, 3Ci avait la liberté de mettre fin aux ententes avant leur renouvellement annuel et c’est ce que l’entreprise a finalement décidé de faire considérant le contexte actuel, même s’il restait encore quelques années avant la fin des contrats. Elle ne ferme toutefois pas la porte à signer d’autres accords dans le futur.

«Nous demeurons confiants du potentiel du site éolien à long terme pour avoir confirmé une ressource éolienne et une faisabilité technique du projet. S’il s’avérait que des indications nous permettent d’envisager un redémarrage dans quelques années, il est dans notre intention, le cas échéant, de vérifier l’intérêt des propriétaires envers la signature de nouveaux contrats d’option», explique-t-on également dans la lettre.

Comme la compagnie devait déjà payer certaines redevances pour des droits de passage, cela signifierait donc qu’elle n’aura plus à payer pour un projet qui ne se développera pas. Par ailleurs, au moment d’écrire ces lignes, il n’était pas encore possible de savoir ce qu’il adviendrait des tours qui mesuraient le vent. De plus, mentionnons que la municipalité n’avait toujours pas reçu d’avis de la part du promoteur quant à son retrait.

Déception chez les propriétaires

Plusieurs propriétaires de Saint-Adrien-d’Irlande et de Saint-Jean-de-Brébeuf avaient signé des ententes avec 3Ci pour avoir une éolienne, un chemin menant à une éolienne ou des câbles enfouis sous sur leur terrain si un projet se concrétisait. La fin de leurs options est évidemment une déception, notamment pour l’un de ces propriétaires, Bernard Côté.

«Je suis déçu parce que c’était un beau plan qui aurait pu nous amener quelque chose de vraiment intéressant à Saint-Adrien-d’Irlande. Nous le voyons avec les deux parcs près de chez nous (de L’Érable et des Moulins), cela amène plusieurs retombées économiques pour les municipalités et la région. Nous aurions pu refaire nos routes et nos fossés, tandis que nos entreprises auraient aussi pu en profiter avec les contrats que la construction aurait apportés», a-t-il soutenu en entrevue avec le COURRIER FRONTENAC.

Même si la compagnie indique qu’elle pourrait revenir à la charge, il ne croit pas que ce sera le cas. «Je ne crois pas qu’ils vont revenir d’après ce que j’ai lu et ce que j’ai vu depuis quelques années. Il y a eu beaucoup de pression sur la mairesse et le conseil municipal, ainsi que sur les promoteurs. Les contestataires étaient toujours là à l’assemblée du conseil et se faisaient entendre, pendant que ceux qui ont signé, ça ne les intéressait pas de se présenter et entendre critiquer toute la soirée. Les contestataires ont fait retarder le projet», a-t-il déploré.

Selon lui, malgré tout ce qui s’est dit sur le sujet, la compagnie respectait les demandes des citoyens. «Les contrats ont été bien faits dès le départ. Nous pouvions mettre les clauses que nous voulions. Chez moi, j’ai un petit lac avec des poissons et je me suis assuré avant d’accepter le contrat qu’ils ne briseraient rien de tout cela.»

Ce n’est pas terminé

Faisant partie d’un groupe de citoyens qui s’opposait aux éoliennes à Saint-Adrien-d’Irlande, surtout à des distances de 600 mètres et un kilomètre selon l’endroit, Alain Nadeau ne crie pas victoire tout de suite. «La réglementation des distances est encore là alors si un autre promoteur s’installe, nous sommes encore vulnérables. C’est dommage pour les propriétaires fonciers et la Municipalité qui ont cru en lui, mais ce n’était pas sérieux comme démarche dès le départ», a-t-il plutôt mentionné.

En effet, selon lui, l’entreprise n’avait pas les reins assez solides pour mener à terme un projet comme celui-ci. «De ce que j’en sais, 3Ci est un démarcheur pour essayer de vendre les projets à de plus grosses compagnies, comme c’est arrivé avec le parc des Moulins.»

En mettant un terme à ses aspirations à Saint-Adrien-d’Irlande, M. Nadeau ne voit pas cela comme une fin puisque d’autres compagnies pourraient tenter des démarches. Lui et d’autres citoyens continueront aussi de mettre de la pression pour que la Municipalité modifie sa réglementation, notamment pour les distances.

Il espère d’ailleurs que les résultats du recours collectif autorisé contre Éoliennes de l’Érable et celui intenté pour le parc des Moulins leur donnent des munitions devant le conseil municipal qui, jusqu’à maintenant, n’a pas voulu apporter de changement. «Si en voyant cela, ils ne veulent toujours pas changer les distances dans la réglementation, selon moi, ce sont des irresponsables», a conclu M. Nadeau.

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