Plus de services directs pour les élèves lors de la rentrée

Par Stéphane Lévesque, Initiative de journalisme local
Plus de services directs pour les élèves lors de la rentrée
(Photo : Photo Courrier Frontenac - Jean-Hugo Savard)

Après avoir actualisé son plan de match pour la rentrée scolaire, le gouvernement du Québec a présenté lundi trois nouvelles initiatives qui visent à permettre à tous les élèves de bénéficier de davantage de services directs et de combler les retards qui auraient pu se développer lors de la période de fermeture des écoles au printemps dernier.

« Dans les prochaines semaines, nos élèves seront de retour à l’école, parfois après plusieurs mois d’absence. Au plan sanitaire dévoilé la semaine dernière, qui a d’ailleurs été très bien accueilli, s’ajoute maintenant un ensemble de mesures cohérentes et concrètes qui nous permettront de mieux soutenir tous nos élèves, dès leurs premiers jours de classe et pour toute l’année. Les centres de services scolaires et les équipes-écoles auront toute la latitude nécessaire pour organiser des services qui répondent aux besoins particuliers de chacun. Je suis convaincu que ces mesures permettront de rassurer plusieurs parents et se traduiront par une année réussie pour tous les élèves et les enseignants », a souligné Jean-François Roberge, ministre de l’Éducation.

Ce dernier a précisé que ces nouvelles initiatives s’additionnent à cinq mesures précédemment confirmées dans le réseau scolaire et portent à près de 100 millions $ les investissements.

La première mesure prévoit 20 millions $ visant à mettre en place différentes initiatives pour soutenir la réussite éducative des élèves. Elle permettrait, par exemple, d’embaucher davantage d’enseignants, de professionnels et de tuteurs pour organiser des activités de rattrapage, de récupération et d’aide aux devoirs. La mesure vise à soutenir les élèves en difficulté et ceux ayant des difficultés d’apprentissage par l’augmentation de suivis pédagogiques individualisés. Les actions seront mises en place dès la rentrée et s’échelonneront tout au long de l’année, selon les besoins identifiés par les établissements scolaires dans leurs milieux respectifs, indique-t-on.

En complément de cet investissement, le ministère de l’Éducation reconduit tous les budgets associés aux élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage. Ainsi, plutôt que de passer les premières semaines de la rentrée scolaire à compléter des démarches administratives, les orthopédagogues, psychoéducateurs, psychologues et autres professionnels ainsi que les enseignants et les membres du personnel scolaire pourront investir leurs énergies directement auprès des élèves vulnérables.

Le ministère estime que cet allégement bureaucratique permettra de fournir plus de 560 000 heures supplémentaires en services directs aux élèves exclusivement pour les premières semaines de la rentrée.

Une vaste campagne de communication a également été déployée dans les médias et sur les réseaux sociaux dans le but de sensibiliser les parents aux mesures mises en place pour assurer une rentrée réussie.

Celles-ci s’ajoutent, entre autres, à l’embauche de ressources professionnelles supplémentaires, la mise en place de classes spéciales, à la bonification des activités parascolaires et l’aide aux devoirs.

Insuffisant selon la CSQ

Représentant la majorité du personnel en éducation au Québec, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) juge insuffisante l’annonce du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, concernant le déploiement de trois mesures favorisant la réussite éducative.

Sur le fond des trois mesures annoncées, la CSQ juge que le montant de 20 millions $ pour embaucher des ressources supplémentaires est loin d’être suffisant pour répondre aux immenses besoins du terrain, en plus d’être non récurrent.

« On souhaitait un plan ambitieux et costaud, mais la période de l’économie des bouts de chandelles en éducation n’est pas encore révolue. On parle d’un peu plus de 6 000 dollars par établissement scolaire pour toute l’année, un montant dérisoire. Tout en étant très modeste, cette annonce vient déjà ajouter de la pression à la rentrée scolaire de 2021, parce qu’elle crée aujourd’hui des solutions qui ne seront pas là l’an prochain. Alors que les établissements scolaires sont fermés depuis presque six mois et que les besoins en éducation sont plus grands que jamais, l’investissement est timide et il n’est surtout pas structurant. En ne pérennisant pas les ressources pour les équipes-écoles, cette annonce ne permettra pas de conclure que l’éducation est une priorité pour le gouvernement du Québec », explique Sonia Ethier, présidente de la CSQ.

Relativement à l’allègement des mesures administratives pour le personnel scolaire à l’endroit des élèves en difficulté, le syndicat salue quand même l’introduction de cette annonce fort attendue par le milieu et estime que c’est la « bonne nouvelle du jour ». Toutefois, l’organisation spécifie que cette mesure ne permettra pas à elle seule de régler les problèmes de fond vécus par les équipes-écoles sur le terrain. L’allègement bureaucratique étant prévu pour une durée de deux ans, la CSQ espère être partie prenante des discussions pour instaurer de façon permanente cette solution dans les établissements scolaires, au bénéfice de tous.

Concernant la campagne publicitaire annoncée par le ministère de l’Éducation, elle relève d’une nouvelle opération marketing selon Sonia Ethier. « Si une nouvelle campagne de promotion sur la persévérance n’est pas une mauvaise idée pour l’éducation, ce n’est pas non plus la meilleure. Ces campagnes ne sont pas des solutions structurantes et permanentes pour répondre aux besoins des élèves, particulièrement ceux éprouvant des difficultés scolaires », mentionne la présidente qui dénonce également qu’on ait, à son avis, oublié l’éducation des adultes, la formation professionnelle et les services de garde scolaires dans les nouvelles annonces.

« Il aurait été souhaitable que le gouvernement dépose un plan inclusif touchant toutes les tranches d’âge, d’autant plus que ces secteurs sont névralgiques pour permettre d’intervenir directement dans la prévention du décrochage scolaire », conclut Sonia Ethier.

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