Interconnexion des Appalaches-Maine : Québec donne son feu vert

Interconnexion des Appalaches-Maine : Québec donne son feu vert
Le poste des Appalaches situé à Saint-Adrien-d'Irlande (Photo : Gracieuseté)

Le gouvernement du Québec a donné son autorisation au projet d’Interconnexion des Appalaches-Maine à la suite d’un processus d’évaluation environnementale qui s’est déroulé sur 20 mois.

Rappelons qu’il consiste en la construction d’une ligne de transport d’électricité de 103 kilomètres à partir du poste des Appalaches situé à Saint-Adrien-d’Irlande. Celle-ci sera raccordée à la ligne New England Clean Energy Connect (NECEC), dont la construction s’est amorcée en février dans l’État du Maine. Dans la MRC des Appalaches, elle traversera les territoires de Thetford Mines, Saint-Joseph-de-Coleraine, Disraeli Paroisse et Sainte-Praxède.

Elle permettra d’approvisionner le Massachusetts avec 9,45 térawattheures (TWh) d’hydroélectricité chaque année sur une durée de 20 ans. Une entente a été conclue avec le Maine pour 0,5 TWh sur la même période. Les revenus totaux sont estimés à 10 milliards $, dont 50 à 80 millions $ en retombées économiques régionales.

« Une étape importante est franchie aujourd’hui dans ce projet qui aura un impact considérable dans la lutte contre les changements climatiques et qui générera des retombées économiques chez nous et chez nos voisins au sud de la frontière », a indiqué Sophie Brochu, présidente-directrice générale d’Hydro-Québec, par voie de communiqué.

Un rapport favorable du BAPE

Le processus d’évaluation a notamment inclus un examen de la part du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE). Dans son rapport déposé le 4 décembre dernier, le BAPE estimait que dans l’ensemble, le tracé était « acceptable sur le plan de l’environnement naturel et humain ».

Par ailleurs, en novembre 2020, Hydro-Québec avait annoncé une modification de son tracé afin de répondre aux préoccupations exprimées dans le milieu. Le projet proposé initialement longeait l’emprise d’une ligne de transport d’électricité existante près du secteur urbain de Black Lake. La modification permettait de l’éloigner et de limiter les impacts sur les propriétaires fonciers du secteur de la côte. Dans ses recommandations, le BAPE soulignait que le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) devrait néanmoins s’assurer que le nouveau plan demeurait acceptable.

La ligne avait aussi obtenu en décembre l’autorisation de la Commission de protection du territoire agricole du Québec et celle de la Régie de l’énergie du Québec, en juillet 2020.
La prochaine étape est sa soumission à une évaluation de la part de la Commission de la Régie de l’énergie du Canada (REC). La décision est attendue ce printemps. Les travaux pourraient ensuite commencer en vue d’une mise en service en 2023.

Opposition

Un référendum sera tenu en novembre prochain dans le Maine à propos du projet qui rencontre de l’opposition dans cet État en raison notamment du tracé qui passerait en pleine nature. Une pétition avait d’ailleurs récolté plusieurs dizaines de milliers de signatures pour la tenue d’un scrutin.

De plus, la Nation Penobscot du Maine, la Nation innue du Labrador et au Québec les Premières Nations de Pessamit (Innu), Wemotaci (Atikamekw), Pikogan, Kitcisakik et Lac Simon (Anishnabek) ont porté leur cause à Washington et à Ottawa afin de dénoncer les plans d’Hydro-Québec. Ils demandent au président Biden et au premier ministre Trudeau d’empêcher la société d’État de réaliser des profits de plusieurs milliards de dollars sans avoir consulté et compensé les Premières Nations sur les territoires ancestraux desquels est produite cette électricité et où on envisage de la faire passer.

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