La commission scolaire dans l’embarras

THETFORD. Après maintes pression de toute part, le ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, n’a pas eu le choix, il obligera les commissions scolaires à rétablir les budgets d’achats de livres. Une décision qui ne fait pas l’unanimité dans les commissions scolaires qui ont déjà dû couper dans différents services aux élèves en plus du programme de lecture.

C’est d’ailleurs le cas à la Commission scolaire des Appalaches (CSA), qui a vu son enveloppe dédiée à l’achat de livres scolaires réduite de 50 %. Dans le cadre des coupures en éducation, le ministère avait décidé de transférer les sommes du plan de lecture dans une enveloppe générale incluant tous les services à l’élève.

« Avant, nous avions des mesures ciblées, comme l’aide aux devoirs, école en forme et en santé, le plan de lecture, la violence à l’école et autres. L’argent que nous recevions, nous devions la dépenser dans le secteur donné. Ce que le ministère a fait, c’est qu’il nous a redonné des sommes, mais nous a enlevés l’obligation de dépenser dans un secteur préétabli », a raconté le directeur général de la CSA, Camil Turmel.

« Jusqu’à maintenant, les commissions scolaires recevaient une enveloppe dédiée à l’achat annuel de nouveaux livres. Le gouvernement y mettait 9 $ par élève, mais nous avions l’obligation d’en mettre à notre tour 7 $. Nous ne pouvions par transférer ces sommes pour d’autres types d’activités », a expliqué M. Turmel.

« Auparavant, le ministère donnait 43 000 $ annuellement pour l’achat de livres, mais nous avons réduit ce nombre de moitié. De plus, les écoles ne sont plus obligées d’en ajouter. Donc, nous sommes passés d’un possible investissement de 80 000 $ pour l’achat de livres à 22 000 $ », a-t-il ajouté.

La CSA a alors dit aux écoles, "si vous êtes en mesure de bonifier ce montant, tant mieux", mais elle leur a annoncé qu’elle ne pourrait plus les supporter pour le plan de lecture. « Est-ce qu’elles vont le faire? Ce sera à voir dans les prochains mois. Toutefois, les écoles ont déjà subi des coupures dans le cadre des 400 000 $ que nous devions réduire », a soutenu le directeur général.

Insatisfaction

L’annonce du ministre de l’Éducation, obligeant les commissions scolaires à rétablir leurs budgets d’achats de livres, n’a pas été très bien reçue à travers les commissions scolaires, dont la CSA. « Notre budget a déjà été adopté la semaine passée. Nous n’avions pas le choix de faire vite pour le déploiement de la taxe scolaire », a précisé le directeur général.

Quant à la raison pour laquelle le ministre est revenu sur sa décision, M. Turmel n’a pas voulu s’avancer outre mesure. « Pourquoi est-il revenu sur sa décision? Nous avons tous notre opinion. Nous avons vu qu’il a été ramené à l’ordre par son chef, mais la véritable raison pour laquelle il a reculé, je ne peux pas répondre à sa place. »

Enfin, même si sa commission scolaire avait décidé d’amputer le budget alloué aux achats de livres, le directeur général a répété l’avoir fait à contrecœur. « Des besoins, il y en avait et je suis certain que si l’enveloppe était encore semblable à ce qu’elle était auparavant, nous dépenserions encore le même montant », a-t-il conclu.

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