Lutte contre le myriophylle à épis au lac de l’Est

Lutte contre le myriophylle à épis au lac de l’Est
Comme plus de 200 lacs au Québec, le lac de l'Est est aux prises avec cette plante aquatique envahissante. (Photo : Courrier Frontenac - Claudia Fortier)

La Paroisse de Disraeli ainsi que l’Association sportive et de bienveillance du lac de l’Est (ASBLE), par l’entremise de son comité environnement, ont décidé de passer à l’action afin de contrer le problème grandissant du myriophylle à épis dans le plan d’eau. La Municipalité a d’ailleurs accordé un budget de 260 000 $ sur trois ans pour ce projet. 

Cette année, 175 000 $ seront injectés pour que le Regroupement des associations pour la protection de l’environnement des lacs et des bassins versants (RAPPEL) gère l’action qui sera entreprise. « À la suite de la recommandation du RAPPEL, il nous a divulgué un plan qui devrait se réaliser sur une période d’environ trois semaines », a expliqué le conseiller municipal Alain Perreault lors d’une rencontre d’information tenue le 3 juillet dernier à la salle communautaire de l’ASBLE.

Les dates n’ont pas été précisées, mais cela devrait se faire autour de la fin août et du début du mois de septembre prochain. Un appel à participer aux efforts a aussi été lancé aux riverains. Des toiles de jute seront ainsi installées par des plongeurs du RAPPEL avec l’aide de bénévoles afin de contrôler le myriophylle à épis dans le plan d’eau. Il est aussi prévu qu’une partie des plants soit enlevée. 

Depuis le début des années 2010, le RAPPEL s’est forgé une expertise par l’expérience dans la lutte contre cette plante aquatique envahissante. « Au fil des ans, il est devenu clair que l’éradication complète du myriophylle à épis est utopique. Toutefois, la plante peut être contrôlée afin de maintenir ses populations à un niveau acceptable et ainsi récupérer les usages tels que la navigation et la baignade dans la zone littorale, protéger la valeur foncière des résidences et réduire sa vitesse d’envahissement d’un plan d’eau. Nous continuons ardemment la recherche et le développement pour créer davantage d’outils de prévention et de contrôle efficaces, mais aussi pour partager à nos membres les plus récentes connaissances dans le domaine », souligne la coopérative sur son site Web. 

Le myriophylle à épis est une plante aquatique arrivée en Amérique du Nord vers les années 1940 et provenant de l’Europe, de l’Asie et de l’Afrique du Nord. « Elle est maintenant l’une des plantes aquatiques exotiques envahissantes les plus répandues et elle se retrouve dans près de 200 lacs au Québec. Son mode de reproduction efficace et sa grande facilité d’adaptation à différentes conditions font d’elle un ennemi redoutable pour les riverains et les usagers des plans d’eau. Diminution de la diversité des plantes aquatiques, modification des populations de poissons, perte d’usages (baignade, canot-kayak-pédalo, pêche, navigation, etc.), obstacle à la vente des propriétés : ses impacts environnementaux, sociaux et économiques sont non négligeables », explique le RAPPEL. 

Cette collaboration entre la Paroisse de Disraeli et le RAPPEL devrait se poursuivre pour trois ans. Par la suite, des formations seront proposées afin que les riverains et autres personnes intéressées puissent participer à l’action de façon plus importante. « La Municipalité injecte de l’argent, mais ce ne sera pas indéfiniment. Nous donnons le gros coup maintenant. C’est l’affaire de tous. Mon but c’est qu’il y ait une journée annuelle de corvée au lac. Si chacun y contribue après avoir reçu sa formation, nous pourrons reprendre le dessus », a affirmé M. Perreault. 

AUTRES ACTIONS À VENIR

Une présentation des rapports rédigés et des recommandations effectuées par le Groupe de concertation des bassins versants de la zone Bécancour (GROBEC) a aussi eu lieu les 30 juin et 3 juillet. Intitulés « Capacité portante en embarcations motorisées au lac de l’Est » et « Plan directeur du bassin versant du lac de l’Est », ces documents visent à établir un état de la situation, selon des études scientifiquement reconnues, et ainsi à préciser les actions futures à entreprendre. 

Une détérioration du lac est en effet observée depuis quelques années en raison de l’envasement, d’une eau moins claire ainsi que de l’accumulation de sédiments et des plantes aquatiques envahissantes. Des recommandations quant à la protection de l’eau, aux zones navigables spécifiques, aux bonnes pratiques de navigation, à l’acquisition d’informations et aux règlementations ont été présentées. Ces rapports seront rendus publics après l’assemblée générale annuelle de l’ASBLE qui aura lieu le mois prochain.

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires