Le Centre agroalimentaire des Appalaches a ouvert ses portes

Le Comité de développement agroalimentaire des Appalaches a procédé, le lundi 18 septembre, à l’ouverture officielle du tout nouveau Centre agroalimentaire des Appalaches situé dans le secteur Sacré-Cœur-de-Marie à Adstock. Ce projet aura nécessité des investissements totalisant plus de 3,1 millions $.

L’endroit comprend trois cuisines entièrement équipées pour les produits de viandes, maraîchers et de boulangerie/pâtisserie, ainsi que des chambres froides et de congélation. Les gens intéressés pourront les louer sur une base ponctuelle ou régulière. « Le centre s’adresse aux producteurs et aux éleveurs qui souhaitent accroître une production par le biais d’une deuxième ou troisième transformation. Parfois, ils n’ont pas les connaissances dans ce domaine, ne possèdent pas les installations nécessaires ou n’ont pas le temps disponible. Ils auront la possibilité de venir y transformer leurs produits, mais nous pourrons aussi le faire pour eux en sous-traitance. À court terme, trois personnes seront embauchées. Nous pourrons également les aider dans la mise en marché en développant une marque régionale », a mentionné le directeur Guy Poulin. 

Il a ajouté que l’objectif du centre est de devenir un accélérateur pour le développement d’entreprises dans l’agroalimentaire et favoriser le réseautage. « Nous prévoyons d’ailleurs offrir des programmes de formation. De beaux projets s’en viennent en collaboration avec les centres de formation professionnelle de Thetford Mines et Montmagny. J’ai confiance que nous parviendrons à faire de cet endroit une belle réussite. »

ENFIN

Les premières démarches entourant le centre de transformation ont débuté en 2009. La concrétisation de ce projet est le fruit d’un long travail de concertation entre la Municipalité d’Adstock, la MRC des Appalaches, le gouvernement du Québec, Desjardins et plusieurs autres partenaires du milieu.

« Nous pouvons dire enfin. Ça fait près d’une dizaine d’années que notre comité travaille dans le dossier de l’incubateur et du centre de transformation. J’ai eu une belle équipe qui a embarqué dans la même chaloupe et qui a ramé en même temps. Nous avons eu droit à une grosse vague à la toute fin en raison de l’inflation et de la hausse du coût des matériaux. En toute honnêteté, cela nous a causé des maux de tête, mais tout le monde s’est impliqué pour s’assurer de ne pas trop dépasser le budget. Il y a eu un beau travail d’équipe », a partagé le président du Comité de développement agroalimentaire des Appalaches, Michel Nadeau.

Ce dernier, qui a pris la décision de se retirer, peut dire mission accomplie. « J’ai 75 ans. Je prends ma retraite. Ce que je souhaite maintenant, c’est que le centre génère d’autres entreprises et c’est le but ultime de tout cela. Je pense qu’il aidera les petits producteurs de notre région à venir y transformer leurs produits et à grossir davantage. Si nous reculons de dix ans, il ne se faisait presque rien dans notre MRC. L’agriculture n’était même pas considérée comme un apport économique. Aujourd’hui, elle génère des retombées de 120 millions $ par année », a-t-il soutenu.

LE GARDE-MANGER

Pour le maire d’Adstock, Pascal Binet, la réalisation de ce projet est le fruit d’un long travail de concertation. « Il y a plus de dix ans, Sacré-Cœur-de-Marie avait perdu ses services de proximité. Il y a cinq ans, nous nous battions encore pour garder notre école en vie et aujourd’hui les classes sont pleines. Quand on parle de vision, de volonté politique et de mobilisation, je crois que c’est la recette qui fait en sorte que nous sommes ensemble à célébrer l’ouverture du centre de transformation agroalimentaire. De plus, sans le Plan de développement de la zone agricole, des mesures n’auraient pas pu être mises en place pour la réalisation de ce projet. »

M. Binet a rappelé que Sacré-Cœur-de-Marie a déjà été le garde-manger de la ville de Thetford Mines. « À l’automne, il y avait les récoltes, puis les cultivateurs faisaient la boucherie et vendaient leurs viandes aux mineurs. Nous retrouvons un peu ce rôle aujourd’hui. Dans un contexte où l’inflation fait en sorte que dans le domaine de l’alimentation tout coûte plus cher, nous devons être créatifs pour répondre à l’un des objectifs du gouvernement qui est d’atteindre l’autonomie alimentaire. Nous sommes carrément dans cette dynamique ici. Nous devons saisir les opportunités et croire aux outils mis en place. »