« C’est une deuxième chance pour moi » – Lorenzo Élie Favilli

« Je suis soulagé. C’est une deuxième chance qu’on m’offre », a commenté Lorenzo Élie Favilli, ce cuisinier français arrivé au Québec depuis six ans et qui était menacé d’expulsion pour un imbroglio administratif du gouvernement fédéral.

C’est le député de Mégantic-L’Érable, Luc Berthold, qui a partagé la nouvelle avec le principal intéressé lundi matin après avoir parlé au ministre de l’Immigration, Marc Miller, qui a pris la décision tard dimanche soir.

« Le ministre a donné un sursis de deux ans à M. Favilli après avoir pris le temps de prendre connaissance du dossier. Il a jugé qu’il était dans l’intérêt de la communauté de surseoir au départ de M. Favilli, mais il a indiqué qu’il ne donnerait pas plus de détails sur les motifs », a commenté M. Berthold.

Ce dernier, qui s’est impliqué dans le dossier avec son attachée politique, Isabelle Laplante, a souligné que de telles démarches n’auraient pu aboutir sans le mouvement populaire pour Lorenzo. « Sans ce soutien, ça n’aurait jamais marché. »

Le député de Mégantic-L’Érable précise que la décision du ministre va au-delà de ses attentes. « Il est même très rare qu’on réussit à surseoir une décision de renvoi, surtout quand le billet d’avion est acheté. Honnêtement, le ministre et son cabinet ont fait preuve d’une grande compréhension. Ils ont écouté la population. Maintenant, c’est à Lorenzo de bien s’entourer et préparer son dossier pour faire en sorte de ne pas manquer, d’ici les deux prochaines années, tous ses échéanciers pour qu’il puisse vraiment rester au Canada. »

UNE EXCELLENTE NOUVELLE

« C’est comme un bouchon de champagne qui a sauté et qu’on lâche la pression. C’est une excellente nouvelle. C’est plus qu’espéré, surtout à ce stade-ci où je me préparais à prendre l’avion pour mon retour en France ce soir (lundi) », a ajouté celui qui loge à Saint-Pierre-Baptiste depuis deux ans et qui a été soutenu par les Chevaliers de Colomb de Saint-Ferdinand ainsi que le responsable du volet alimentaire, Benoit Brais, qui a piloté le dossier.

« J’ai reçu un appui unanime de toute une population, un soutien moral, émotionnel et impliqué. J’ai pu constater, heureusement pour moi, que l’altruisme québécois n’était pas mort avec la pandémie », de poursuivre M. Favilli qui a maintenant hâte d’entreprendre son boulot au Resto-Bar le William. Je vais enfin me remettre sur la planète », a-t-il indiqué.

Pour sa part, Benoit Brais a laissé entendre qu’il s’agissait d’une grande victoire, d’abord pour Lorenzo, mais aussi pour tous les immigrants qui sont qualifiés, qui veulent s’installer ici et qui sont victimes d’injustice.

« Malheureusement pour Lorenzo, son dossier s’était perdu au fédéral comme celui de milliers d’autres pendant la pandémie. Du moment où il a obtenu un contrat de travail avec l’Agence régionale de développement économique du Centre-du-Québec, il recevait une semaine plus tard une demande de renvoi. C’est ce que nous avons dénoncé. On se demandait pourquoi le renvoyer alors qu’on est en pleine pénurie d’embauche et qu’il répond à tous les critères de M. Legault. »

M. Brais a tenu à souligner le travail de Luc Berthold et de son attachée politique dans ce dossier, puis il a remercié le ministre Miller de les avoir entendus. « Tant mieux, si nous avons réussi à démontrer qu’il y a effectivement un changement à faire au niveau des politiques de l’immigration. Nous remercierons également la population de nous avoir appuyés lors d’une épluchette de blé d’Inde que nous organiserons lors d’un 4 à 6 le mardi 5 septembre au belvédère de la marina de Saint-Ferdinand », a-t-il mentionné.

En terminant, le maire Yves Charlebois a lui aussi réagi très positivement à l’annonce. « Je ne pense pas que le gouvernement du Canada voulait avoir l’air fou de retourner une personne qui est intégrée à son milieu, directement dans son pays d’origine. Cela aurait été, à mon avis, une grande injustice. »

M. Charlebois conclut qu’il s’agit aussi d’une très bonne nouvelle pour Martin Boulet, propriétaire du Resto-Bar le William, qui va avoir un cuisinier à temps plein pour travailler à son restaurant.

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