Bières de microbrasseries : de plus en plus de variétés offertes ici

THETFORD. Bien que la région de Thetford ne compte toujours pas de microbrasserie sur son territoire, les amateurs de bières artisanales sont de plus en plus nombreux et des commerçants de la région l’ont compris. Ce marché devrait d’ailleurs continuer de croître au cours des prochaines années.

Un des précurseurs dans ce domaine, le Dépanneur Rivière-Blanche offre à ses clients des bières artisanales depuis au moins sept ans. Damien Lacasse, propriétaire jusqu’à tout récemment, a confié que ce marché n’a pas toujours été facile à percer. «Nous sommes rendus à notre troisième tentative. Il y a une vingtaine d’années, nous nous étions plantés. Nous nous sommes réessayés en 2003 et ce n’était pas encore à la mode. Nous avons tenté un dernier coup et c’est à ce moment que ça s’est mis à fonctionner.»

L’offre et la demande

Le commerce qu’il laisse maintenant entre les mains de Sylvain Gauthier propose aux consommateurs entre 325 et 350 sortes de bières de microbrasseries. «Nous avons de nouvelles sortes pratiquement toutes les semaines. Nous faisons affaire avec plusieurs distributeurs. À l’occasion, j’allais même chercher directement les bières lorsque les compagnies ne faisaient pas de distribution. La majorité de nos bières artisanales sont québécoises, mais nous commençons à en avoir quelques-unes provenant de l’Ontario. Nous nous concentrons sur le Québec, toutefois, nous devons aussi y aller avec la demande du client», a ajouté M. Lacasse.

Ce dernier précise toutefois que ce marché n’engendre pas de ventes à grand volume. «Nous sommes un gros vendeur de bières. Normalement, nous achetons les plus populaires à la palette. Pour ce qui est des bières artisanales, nous y allons à une, deux ou trois caisses à la fois.»

Un marché en croissance

L’un des propriétaires du marché d’alimentation IGA St-Pierre et fils de Thetford Mines, Jimmy St-Pierre, reconnait que le secteur de la distribution n’est pas encore à point et qu’il faut s’adapter à cette réalité. «Des fois, nous appelons des microbrasseries et ils ont de la difficulté à distribuer et quand elles peuvent le faire, nous devons en commander une certaine quantité. Nous réussissons toujours à en avoir, mais parfois ce sont les délais qui sont plus longs. Cette gestion est plus difficile», a-t-il indiqué.

Malgré cela, l’entreprise qu’il dirige a décidé d’augmenter son inventaire cette année. «Nous avons environ 240 sortes de bières entièrement de microbrasseries, sans compter celles provenant par exemple de Molson qui offre maintenant des produits similaires. L’an passé, j’offrais une cinquantaine de bières de microbrasseries seulement.»

D’après Jimmy St-Pierre, le marché des bières de microbrasseries est appelé à grandir. «C’est un peu comme mon département des vins. Il est toujours en progression et les bières de microbrasseries aussi. Les ventes de bières commerciales, comme la Coorslight ou la Budlight, sont stables ou en diminution. Le consommateur se dirige plus vers des produits plus raffinés. Je dirais qu’ils optent davantage pour la qualité que la quantité.»

Le pari du goût

Il va sans dire que la bière artisanale se distingue d’une bière commerciale principalement par son goût prononcé pouvant facilement déstabiliser les nouveaux consommateurs. «Nous essayons d’amener les amateurs de Molson ou de Coorslight à consommer des produits de microbrasseries québécoises qui sont de meilleure qualité et fabriqués avec amour», a mentionné Charles Nadeau, propriétaire de la Boutique Chez mes Roses qui propose une centaine de variétés.

Selon lui, ceux qui se lancent dans le domaine de la microbrasserie ont, pour la plupart, commencé à brasser de la bière lorsqu’ils étaient à l’université avec des amis et ont continué de le faire par passion. «Ce ne sont pas de multinationales. Nous voulons que les consommateurs aiment davantage les produits du terroir. C’est un travail de longue haleine parce qu’ils sont habitués aux bières commerciales», a ajouté M. Nadeau.

Il croit que le principal défi est de convaincre un client à goûter au départ une bière pas trop alcoolisée, pas trop houblonnée et avec un minimum d’amertume pour ensuite le diriger parfois vers une bière noire qui a du caractère. «Quand on réussit cela, nous avons réellement accompli le travail que l’on doit faire lorsque nous vendons des bières de microbrasseries, c’est-à-dire amener le client à aimer la bière», a-t-il dit.

Beaucoup de gens pensent que la bière artisanale s’adresse principalement aux hommes, un avis que ne partage pas Charles Nadeau. Il estime qu’il y a aujourd’hui autant de femmes que d’hommes qui aiment ces produits. «Je vous dirais que les bières artisanales prennent maintenant un peu le tournant du vin. Il y a 20 ans, les consommateurs voulaient un vin blanc ou un rouge et ne regardaient pas vraiment la provenance et les produits utilisés. Aujourd’hui, ils magasinent leur bière et veulent le faire en couple ou entre amis.»

Pour l’homme d’affaires, le but n’est pas d’offrir le plus grand nombre de bières, mais d’avoir en main des variétés qui vont plaire aux clients et qui peuvent être combinées à plusieurs mets. «Je suis ouvert depuis 2012 et j’ai remarqué une tendance au fil des ans. Beaucoup de gens ont laissé tomber la traditionnelle dinde du temps des Fêtes pour organiser des dégustations de bières avec des saucisses et des charcuteries. Ça aussi c’est plaisant», a-t-il fait valoir.

Une microbrasserie à Thetford un jour?

Le propriétaire de la Boutique Chez mes Roses, Charles Nadeau, espère qu’un jour les citoyens pourront goûter des bières fabriquées dans la région. Il peine à comprendre pourquoi il n’y en a toujours pas malgré la popularité de ce produit. «À la base, ça prend des amoureux de la bière. En même temps, c’est assez dispendieux partir une microbrasserie alors ça peut empêcher des gens de se lancer dans cette aventure. De plus, ça prend des gens ayant le nez assez fin pour brasser une bière, car avec la multitude de produits en compétition dans ce marché, il faut qu’elle soit goûteuse sinon elle va rester sur les tablettes.»

Suggestions pour le temps des Fêtes

Quelques bières populaires

– La Blanche aux mûres de la microbrasserie La Barberie

– La St-Barnabé de la Microbrasserie le Naufrageur 

– La saison du tracteur de la microbrasserie Le trou du diable

– La Flacatoune de la Microbrasserie Charlevoix

– Dominus Vobiscum de la Microbrasserie Charlevoix

 

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