Un premier roman bien personnel pour Jordann McCutcheon

Un premier roman bien personnel pour Jordann McCutcheon
L'auteure a lancé son premier roman la semaine dernière. (Photo : Courrier Frontenac - Claudia Fortier)

Dans son premier roman intitulé ­Adana ou comment mourir, ­Jordann ­McCutcheon aborde un sujet très personnel et souvent tabou, celui de l’agression sexuelle. Pour l’auteure, cette histoire est aussi la sienne.

«  Adana a grandi sur une érablière à ­Sainte-Sophie-d’Halifax. Elle a 19 ans lorsqu’elle quitte ­Thetford ­Mines pour aller étudier l’anthropologie à ­Montréal. Deux jours avant de partir, elle vit cet événement qu’on ne comprend pas au début du livre. Elle se demande ce qu’elle vient de vivre. Il y a l’espèce de paralysie qui vient avec cela, l’incompréhension, la honte et le déni », raconte ­Jordann.

Comme elle le mentionne dans la notice biographique à la fin du roman, l’élément déclencheur provient de sa propre expérience. « Évidemment, c’est raconté de façon romancée et il n’y a aucun personnage qui ressemble à quelqu’un dans la réalité. Puis, dans le livre, il y a neuf mois qui se passent, alors que je me suis inspirée de plusieurs années pour l’histoire. »

Titulaire d’un baccalauréat en anthropologie, ­Jordann ­McCutcheon prévoyait écrire un livre sur ce sujet afin de partager à sa famille et à ses amis ce qu’elle apprenait. Lors du processus de création, l’histoire a plutôt bifurqué dans une autre direction. Elle en a tout de même conservé une partie. « Chaque chapitre est divisé en un concept anthropologique. On le constate à travers son expérience et tout ce qu’elle va apprendre sur la société. Ce sont des concepts très larges, mais il y a des liens qui sont faits avec sa vie personnelle. »

L’auteure de 25 ans ne pensait pas nécessairement publier son roman au départ. Elle écrivait avant tout pour comprendre. Pourquoi avoir décidé d’aller de l’avant avec la publication ? « On dirait que c’était plus grand que mois. Je sentais ce désir de partager cette histoire. Chaque fois que j’en parlais à des gens autour de moi, je constatais leur intérêt et leur curiosité de comprendre ce qui était arrivé », explique ­Jordann.

Même si le public cible est celui des jeunes adultes de 18 à 25 ans, tous peuvent être interpellés par ce roman ­estime-t-elle. « Je trouve important de réfléchir à des comportements que nous avons eus et que nous avons encore. L’agression sexuelle, c’est tellement large. Souvent, on ne comprend pas ce que l’on vit. Mon objectif est de briser la solitude et le tabou autour de ce sujet. »

Aborder les émotions qu’elle a ­elle-même vécues n’est pas facile. Partager son histoire ainsi peut donner l’impression de se lancer dans le vide. Pour ­Jordann, cela fait toutefois partie du processus de guérison. « C’est un sujet lourd et dramatique, mais l’histoire est à la fois drôle et légère. Ce sont les commentaires que j’ai eus jusqu’à maintenant. »

L’auteure a choisi la voie de l’autoédition. « J’avais besoin de décider chaque étape, de faire partie intégrante du processus. J’ai adoré cela, de me fier à mon intuition et de me faire confiance. Des gens que je connais, des professionnels, m’ont aidé pour la photo, les dessins et la correction, puis j’ai été appuyée par ­BouquinBec pour la mise en page et l’impression. »

Adana ou comment mourir est disponible à la ­Librairie L’Écuyer et sur le site ­Web de ­Jordann au jordannmccutcheon.ca.

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