Des audiences d’une importance capitale pour la région

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Par Jean-Hugo Savard
Des audiences d’une importance capitale pour la région
Le préfet de la MRC des Appalaches, Paul Vachon, le maire de Thetford Mines, Marc-Alexandre Brousseau, le vice-président de la SDE, Jacques Larouche, le député de Mégantic-L'Érable, Luc Berthold, et la députée de Lotbinière-Frontenac, Isabelle Lecours (Photo : Courrier Frontenac - Jean-Hugo Savard)

À la veille du début des travaux du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) portant sur l’amiante, les intervenants du milieu politique et économique ont exprimé leur position, ainsi que leurs attentes. Qualifiant ce moment de charnière pour la région, ils espèrent que les commissaires feront preuve d’objectivité et de prudence.

«Nous ne nierons pas notre passé. À une époque heureusement révolue, l’insouciance, l’indifférence et l’ignorance prévalaient. Nous en subissons encore les conséquences. Maintenant, nous savons comment nous protéger», a d’abord déclaré le préfet de la MRC des Appalaches, Paul Vachon.

Il souhaite que la région puisse avoir l’occasion de démontrer son savoir-faire, notamment en ce qui a trait à la destruction de la fibre d’amiante et la transformation des résidus miniers.

M. Vachon s’attend à ce que le principe de précaution en présence d’amiante continue de s’appliquer, mais de façon sage, équitable et basé sur des règles communes, scientifiques, ainsi que sur des mesures applicables et raisonnables. «Nous voulons aussi que les contradictions et les incongruités disparaissent. Est-il raisonnable de prétendre qu’un touriste qui regarde de loin les puits des mines est en danger, alors qu’au niveau de notre population il n’y a aucune protection», s’est-il questionné.

Le préfet croit en l’importance de se pencher sur la situation afin qu’il puisse y avoir des règles claires pour tout le monde et pour que les citoyens puissent continuer de vivre en sécurité. «À ceux qui pourraient penser que nous manquons d’objectivité parce que nous vivons ici, croyez-vous sérieusement que l’on mettrait en danger la vie de nos enfants ou celle de nos petits enfants? Nous espérons que cessent les interprétations de toutes sortes face à des réglementations venant de ministères, notamment au niveau de la disposition des résidus.»

Les attentes de la SDE

À ce sujet, le vice-président de la Société de développement économique de la région de Thetford (SDE), Jacques Larouche, espère que le BAPE apportera une contribution significative dans la définition d’un modèle d’estimation des risques d’exposition à des résidus miniers. Celui-ci devrait être basé sur le type d’exposition et sur le pourcentage réel de fibres présentes dans l’environnement.

«Nous avons également comme attente que les commissaires proposent un cadre normatif cohérent et empreint de réalisme, appuyé sur des données probantes et à jour, permettant une gestion sécuritaire de travaux et projets qui comportent une exposition à des résidus», a-t-il dit.

Enfin, M. Larouche souhaite que cette démarche puisse orienter et faire évoluer le débat sur les risques d’exposition à des résidus miniers amiantés, non pas sur des perceptions, mais sur des faits.

Un premier geste

Pour le maire de Thetford Mines, Marc-Alexandre Brousseau, les suites que le gouvernement du Québec choisira de donner à ces audiences sont d’une importance capitale pour la région.

«Sachant très bien que le risque zéro n’existe pas, nous voulons qu’une dose de logique s’invite enfin dans l’analyse de la situation actuelle. Les positions dogmatiques doivent maintenant faire place à plus de pragmatisme et de gros bon sens, comme c’est déjà le cas en présence d’autres cancérigènes. Nous nous attendons à ce que les Municipalités soient traitées comme les organismes gouvernementaux quant aux permissions qui sont données le temps que des solutions plus logiques et permanentes soient mises en place.»

Selon lui, de nombreuses solutions et méthodes de travail ont été proposées à la suite de l’entrée en vigueur des règles en matière de santé et de sécurité en présence d’amiante, mais elles sont demeurées sans réponse.

Les exigences qualifiées de démesurées par le maire engendrent d’importantes hausses de coûts sur les chantiers. Cette année seulement, la Ville dit avoir repoussé plus de 50 % des travaux de pavage qui étaient prévus. «Il est grand temps que l’on donne suite à ces moyens qui tiennent compte du réel et non de théories et d’extrapolation. Ce que nous souhaitons, c’est que les mesures à mettre en place soient appropriées aux risques réellement rencontrés pour la sécurité de tous, ni plus ni moins.»

La prudence est de mise

Le député de Mégantic-L’Érable, Luc Berthold, invite les commissaires à faire preuve de prudence lors de la tenue des audiences publiques. Étant donné que des milliers de personnes vivent à proximité des montagnes de résidus, il pense que l’avenir de la région dépend en quelque sorte de la manière dont le tout va se dérouler.

«Nous le savons, c’est facile de faire peur au monde. Nous désirons que le BAPE donne préséance aux faits et à la science pour que l’on puisse faire la démonstration à l’ensemble des gens qui nous entourent que nous pouvons vivre en exploitant d’une manière correcte et sécuritaire les résidus miniers.»

À son avis, prétendre le contraire aurait des effets désastreux, non seulement sur l’économie de la région, mais aussi sur la population. «L’anxiété, le stress et tout ce qui peut sortir de ces audiences nous préoccupent. Je souhaite que les commissaires soient prudents.»

Les lobbies anti-amiante

Les élus de la région sont conscients que les lobbies anti-amiante profiteront de l’occasion pour se faire entendre tout au long de la commission d’enquête. Le maire Brousseau précise que la région sera elle aussi bien représentée pour donner sa version des faits.

«Nous savons que ce sont des gens très bien organisés. Ils ont les poches profondes et une très bonne relation avec les médias. Nous le voyons à de très nombreuses reprises. Nous aurons la chance d’aller réfuter beaucoup de choses, d’apporter des précisions et de poser des questions parce que souvent leurs propos sortent d’un peu nulle part. Il y en a qui ont trop de bonnes vitrines pour dire n’importe quoi et nous serons là pour corriger le tir», a-t-il conclu.

Premières séances publiques

Centre O3 à Asbestos :

Mercredi 4 décembre

  • Ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (19 h)

Jeudi 5 décembre

  • Ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles (13 h 30)
  • Ministère de la Santé et des Services sociaux (19 h)

Vendredi 6 décembre

  • Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur

Centre de congrès de Thetford :

Mardi 10 décembre

  • Ministère des Transports du Québec (19 h)

Mercredi 11 décembre

  • Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (13 h 30)
  • Ministère de l’Économie et de l’Innovation (19 h)

Jeudi 12 décembre

  • Ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (9 h)

À lire : Amiante : les premières séances du BAPE en décembre

À lire : Une enquête du BAPE sur l’amiante

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Régent Lavoie
Invité
Régent Lavoie

Espérons que l’échelle d’évaluation des dangers du contenu des montagnes de résidus, sera la même que celle utilisée pour la cigarette et bien d’autres produits excessivement plus nocifs pour la population. Des entreprises par le passé y ont extraient le maximum possible d’amiante et y en ont laissés le minimum d’amiante dans les montagnes de résidus actuelles. Donc ceux qui se servent du contenu d’amiante avant les extractions précédentes pour alarmer la population et générer une peur excessive parmi la population à partir de fausses données, sont priés de calmer leurs ardeurs. Espérant que ce BAPE servira à générer un… Read more »